Naufrage en Méditerranée: La justice française va enquêter
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Naufrage en MéditerranéeLa justice française va enquêter

Le parquet de Paris a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le naufrage, qui a fait 32 morts dont 6 Français, et a demandé à la gendarmerie d'entendre les rescapés français.

Ces auditions aideront à déterminer les circonstances du naufrage et les conditions d'évacuation du navire, mais aussi à évaluer «les préjudices personnels et l'impact psychologique causé par cet accident».

«A la suite de la décision de regrouper à Paris l'ensemble des plaintes des familles des victimes (françaises) du naufrage, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire confiée à la Direction générale de la gendarmerie nationale», peut-on lire dans un communiqué.

Dix-sept corps, dont ceux de quatre Français, ont été retrouvés depuis l'accident survenu quand le Costa Concordia, qui avait selon le parquet de Paris 4229 passagers et membres d'équipage (dont 69 Suisses) à son bord, a heurté un rocher près de l'île de Giglio et s'est échoué, avant de chavirer. Il y a encore quinze disparus dont deux Français.

Regroupement à Paris

Au total, 462 Français se trouvaient à bord du paquebot et de nombreuses plaintes ont été déposées un peu partout en France, un collectif de victimes se constituant même près de Bordeaux. Ses représentants ont été reçus la semaine dernière au ministère de la Justice à Paris et la décision a alors été prise de regrouper les plaintes dans la capitale.

La société Costa Croisières, opérateur du paquebot, a négocié avec plusieurs associations de consommateurs italiennes un accord prévoyant le versement de 11'000 euros pour chacun des passagers du navire, en échange d'un renoncement à toute action judiciaire.

Codacons, une association de consommateurs basée en Italie qui a refusé de participer aux négociations, a recommandé aux passagers de ne pas accepter cette proposition. Les plaignants français ne semblent pas non plus souhaiter suivre cette voie.

La justice italienne est déjà saisie d'une enquête pénale et a placé d'abord en détention, puis assigné à résidence le commandant du Costa Concordia, Francesco Schettino, accusé d'avoir provoqué l'accident en approchant de trop près les côtes toscanes.

Il a été inculpé d'homicides multiples et d'abandon de poste mais conteste ces accusations en expliquant qu'on lui avait demandé de faire «l'inchino», une «révérence» aux habitants de l'île, une procédure présentée comme connue.

La procédure française peut soit compléter celle engagée en Italie, soit s'y ajouter, les tribunaux français étant compétents pour poursuivre des personnes morales ou physiques étrangères qui seraient coupables de délits sur des victimes françaises. (ats)

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