Affaire Merah: La justice n'aura pas les vidéos «pour le moment»
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Affaire MerahLa justice n'aura pas les vidéos «pour le moment»

L'avocate du père de Mohamed Merah a déclaré jeudi qu'elle ne remettrait pas «pour le moment» à la justice française des vidéos qui auraient été tournées par le tueur durant son siège.

«Je vais mettre les vidéos de côté pour le moment et les remettrai en temps opportun. Nous avons suffisamment d'éléments dans le dossier et nous en remettrons de nouveaux à la justice française lors de mon déplacement en France ce soir», a déclaré Me Zahia Mokhtari lors d'un point-presse à Alger. Ces deux vidéos de 20 minutes chacune devaient être remises au parquet de Paris lors de la visite de l'avocate.

Ce revirement survient après le tollé provoqué par la diffusion par la chaîne française TF1 d'enregistrements audio où l'on entend Mohamed Merah expliquer ses crimes d'un ton posé lors d'une discussion avec les policiers durant le siège.

«Nous ne voulons pas que la justice décide de mettre de côté ces vidéos sachant qu'elles sont en contradiction avec ce qui a été diffusé par la chaîne française», a expliqué l'avocate, en précisant que la défense les garderait pour plus tard «comme une cerise sur le gâteau».

Manipulation

Selon une transcription de ces vidéos, publiée le 12 juin par un journal algérien, Mohamed Merah aurait affirmé avoir découvert durant le siège de son appartement qu'un homme qu'il croyait être son ami était en réalité un agent des services français qui l'aurait manipulé.

Mohamed Merah a été tué le 22 mars par une unité d'intervention de la police, lors de l'assaut de son appartement, après avoir abattu entre le 11 et le 19 mars dans le sud-ouest de la France trois militaires d'origine maghrébine et quatre personnes de confession juive, dont trois enfants.

La justice française a décidé d'ouvrir une enquête judiciaire pour violation du secret de l'instruction après la diffusion par TF1 d'enregistrements audio. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a été chargée de mener une enquête administrative.

(afp)

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