Cendres de victimes: La justice n'enquêtera pas sur le peintre
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Cendres de victimesLa justice n'enquêtera pas sur le peintre

L'artiste suédois qui avait utilisé des cendres de victimes de nazis ne sera pas inquiété par la justice.

L'oeuvre publiée sur le site Sydsvenskan.

L'oeuvre publiée sur le site Sydsvenskan.

Une enquête en Suède sur l'utilisation par un artiste peintre de cendres recueillies dans un four crématoire d'un camp de concentration en Pologne a été classée sans suite, a-t-on appris de source policière mardi.

«L'enquête a été classée hier (lundi). Le délit a été commis à l'étranger et nous n'avons pas de preuves ici», a indiqué à l'AFP le commissaire de police Stefan Söderholm.

Le peintre, le Suédois Carl Michael von Hausswolff, a expliqué qu'il avait peint une aquarelle après avoir dilué dans de l'eau les cendres ramassées en 1989 au camp de Majdanek. L'oeuvre était exposée dans une galerie de Lund (Sud) jusqu'à lundi.

Mais le gérant, Martin Bryder, a décidé de mettre fin à l'exposition. «J'ai vu les réactions tant de la communauté juive de Malmö que du Centre Simon-Wiesenthal. Noël est censé être un moment de paix et d'harmonie. Alors j'ai décidé de fermer l'exposition», a-t-il déclaré au quotidien Sydsvenskan.

Atteinte à la paix des morts

L'oeuvre, en noir et blanc, montre des coups de pinceaux verticaux dans un rectangle, censés évoquer selon la légende «des gens torturés, suppliciés, assassinés par d'autres gens lors de l'une des guerres les plus impitoyables du XXe siècle», expliquait M. von Hausswolff sur le site internet de la galerie.

L'enquête faisait suite à une plainte d'un particulier pour violation du repos des morts, délit puni en Suède de deux ans d'emprisonnement.

La police suédoise a dit ne pas avoir d'information sur une éventuelle enquête en Pologne.

Vendredi, une porte-parole du musée du camp de Majdanek, Agnieszka Kowalczyk, déclarait au quotidien suédois Aftonbladet que le fait de ramasser ces cendres était «du vol», et que le musée ferait en sorte «que les autorités judiciaires éclaircissent comment cela s'est passé». (afp)

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