Genève: La justice rend 380 mio de dollars au Nigéria
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GenèveLa justice rend 380 mio de dollars au Nigéria

Les fonds Abacha, du nom de l'ex-dictateur, seront restitués au pays sous le contrôle de la Banque mondiale. La procédure contre Abba Abacha est classée.

Sani Abacha, à gauche, a dirigé le Nigeria de 1993 à 1998, année de sa mort.

Sani Abacha, à gauche, a dirigé le Nigeria de 1993 à 1998, année de sa mort.

A Genève, l'affaire Abacha, qui a occupé pendant des années les tribunaux, connaît son épilogue. Le Ministère public du canton du bout du lac a annoncé ce mardi la restitution à la République fédérale du Nigéria de 380 millions de dollars qui avaient été confisqués à la famille Abacha et le classement de la procédure en cours depuis 1999.

Ces décisions font suite à un accord global conclu par les autorités nigérianes, qui se sont battues pour récupérer l'argent pillé par le clan Abacha, lorsque Sani Abacha dirigeait le Nigéria d'une main de fer entre 1993 et 1998. L'argent détourné avait été placé sur des comptes à l'étranger.

Les 380 millions de dollars restitués au Nigéria avaient été saisis dès 2006 au Luxembourg sur ordre de la justice genevoise. Ces fonds étaient en mains de diverses sociétés contrôlées par la famille Abacha, considérée comme une organisation criminelle, a rappelé le Ministère public genevois.

Le rapatriement des fonds à Genève et leur confiscation ont fait suite à la conclusion, en juillet 2014, d'un accord entre le Nigéria et la famille Abacha. Cet accord prévoyait la confiscation des avoirs et leur allocation en faveur du Nigéria et l'abandon par Abuja de sa plainte contre Abba Abacha, le fils du dictateur défunt.

Abacha condamné en 2012

La restitution des fonds fera l'objet d'un monitoring de la Banque mondiale. Tant que cette feuille de route ne sera pas effective, l'argent restera en mains de la justice genevoise.

Le Ministère public genevois a par ailleurs décidé de classer la procédure en cours depuis 1999 à l'encontre d'Abba Abacha, en se fondant sur l'article du Code pénal qui permet d'abandonner les poursuites lorsque le prévenu répare tant que faire se peut le dommage.

Après de multiples rebondissements, Abba Abacha avait été condamné, en 2012, par le Tribunal de police de Genève à un an de prison avec sursis pour participation à une organisation criminelle. Le fils de Sani Abacha était absent de son procès. Le Tribunal fédéral avait annulé cette condamnation en mai 2014, estimant que l'avocat du prévenu aurait dû prendre part aux débats.

Le volet genevois de l'affaire Abacha remonte à 1999, lorsque le procureur général de l'époque Bernard Bertossa avait ouvert une procédure. La justice genevoise avait alors déjà condamné plusieurs intermédiaires financiers pour blanchiment d'argent ou soutien à une organisation criminelle. (ats)

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