La leçon de realpolitik de Sarkozy aux députés UMP
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La leçon de realpolitik de Sarkozy aux députés UMP

«J'ai raison»: Nicolas Sarkozy a défendu mardi devant les députés UMP la présence du président syrien Bachar el-Assad dans la tribune officielle du défilé du 14-Juillet.

Le Président français s'en est violemment pris aux défenseurs des droits de l'Homme dans une leçon de «realpolitik» qui a choqué certains.

«Avec la Syrie, j'ai raison», a lâché le président, selon un participant. «En Orient, on a soit des talibans, soit des Atatürk», a-t-il résumé pour justifier son rapprochement avec le régime laïc syrien. Et de prendre un autre exemple, celui de la Tunisie, où il s'est rendu en avril en visite d'Etat: «Chez (Zine El Abidine) Ben Ali, les petites filles vont toutes à l'école.»

Le président français aurait justifié le tapis rouge déroulé sous les pieds du raïs syrien par la nécessité de favoriser la paix au Proche-Orient: «Si je ne parle pas à Assad, rien n'avancera.» Ainsi, pour sauver le soldat franco-israélien Gilad Shalit, retenu en otage depuis juin 2006 par le Hamas palestinien, «il faut parler à Damas».

Nicolas Sarkozy ne s'est pas arrêté là, toujours selon cette source. Il s'en est pris violemment à l'association Reporters sans frontières (RSF), qui a distribué des tracts lundi à proximité des Champs-Elysées pour dénoncer la présence «choquante» de Bachar el-Assad et les «renoncements» du président français en matière de droits de l'Homme. Pendant la campagne présidentielle, M. Sarkozy s'était engagé à rompre avec la «realpolitik».

«J'ai veillé à ce que Robert Ménard et ses dix clampins ne perturbent pas le défilé du 14-juillet. Ce qu'ils ont fait avec la flamme (NDLR: olympique) a exaspéré tout le monde», aurait lâché M. Sarkozy. Pour lui, ceux qui lui donnent des leçons en matière de droits de l'Homme «avaient des portraits soit de Mao soit du Che dans leur chambre quand ils étaient jeunes».

Au passage, le président français a attaqué l'ambassadeur de Chine en France, qui a estimé qu'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï-lama aurait des «conséquences graves» pour les relations entre les deux pays. «Je ne me laisserai pas embêter par un ersatz d'ambassadeur», aurait-il contre-attaqué.

Les propos présidentiels ont choqué certains députés UMP. «Un peu mal à l'aise», la députée du Nord Françoise Hostalier lui a demandé des explications.

M. Sarkozy s'est défendu en rappelant qu'il avait aussi fait lire lundi la déclaration des droits de l'Homme par le comédien Kad Merad au début du défilé du 14 juillet. «J'avais dit à Kadhafi que je le recevrais s'il libérait les infirmières, il l'a fait, je l'ai reçu (...) Si je ne parle pas aux Chinois alors qu'ils ont de l'influence sur les Soudanais, rien n'avancera au Darfour. Dans ces cas-là, il ne fallait pas donner les Jeux à la Chine. Il ne faut plus parler à Bush à cause de Guantanamo?»

(ap)

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