Football - Euro 2016: La lente et implacable éclosion de Timm Klose
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Football - Euro 2016La lente et implacable éclosion de Timm Klose

A 27 ans, le défenseur central de Wolfsburg est en train de prendre une nouvelle dimension. Avec le club allemand, comme en équipe de Suisse.

par
Robin Carrel
Bâle

Les 15 minutes ouvertes à la presse les veilles de match ne sont pas les plus intéressantes tactiquement. Mais au moins, les joueurs s'amusent bien. Enfin, sauf Seferovic, dont les oreilles ont chauffé...

Il n'est pas encore incontournable à la gauche de Fabian Schär avec la «Nati» – l'homme n'a jusqu'ici disputé que 508 minutes sous le maillot national en 9 sélections –, mais cela ne saurait tarder. Timm Klose a déjà devancé Steve von Bergen dans la hiérarchie de son sélectionneur Vladimir Petkovic et il n'est pas dit que l'absence sur blessure de Johan Djourou soit la principale raison de sa titularisation.

A 27 ans, Klose atteint enfin sa plénitude, après un parcours sinueux. Un long chemin qui va l'amener à défier cette saison Manchester United, notamment, en Champions League. Le joueur formé à Old Boys puis au FC Bâle n'avait pourtant pas réussi à convaincre Thorsten Fink, alors aux commandes du FCB, de lui donner sa chance sur les rives du Rhin. Qu'importe, l'herbe était bien plus verte ailleurs.

«Pas du tout douté»

Comme tant d'autres avant lui, l'actuel No 5 des «Loups» est allé faire ses premières armes au haut niveau du côté de Thoune. «Je n'ai pas du tout douté quand Bâle n'a plus voulu de moi, au contraire, affirme le défenseur central dans les colonnes de la Basler Zeitung de ce vendredi. Ca a même été le moment où je me suis décidé à faire carrière dans le football.»

La progression a ensuite été régulière: Thoune en Challenge League, promotion avec le club de Suisse centrale, finale et élection dans l'équipe-type de l'Euro M21 en 2011 au Danemark, transfert à Nuremberg dans la foulée, puis vendu pour 7 millions de francs à Wolfsburg deux ans plus tard. Tout paraît être allé comme sur des roulettes pour le natif de Francfort. Et pourtant...

Pas loin de Cologne

Cela n'a pourtant pas été si simple, en Basse-Saxe. «J'ai passé une première année et demi difficile, c'est vrai, assure-t-il dans le quotidien rhénan. Après mon arrivée là-bas, j'ai peu joué en club et en équipe de Suisse... A Wolfsburg, je me suis blessé dès la deuxième session d'entraînement. Ensuite, dès que j'ai pu fouler la pelouse pour la première fois, je me suis fait expulser pour deux avertissements après 52 minutes!»

L'homme avoue être passé à deux doigts de s'engager cet été avec le FC Cologne, car la concurrence est plutôt rude du côté de la Volkswagen Arena. Il doit, en effet, se battre chaque semaine pour gagner sa place face aux Brésiliens Naldo et Dante, ainsi que contre le chouchou local Robin Koche. «Mais après le victoire en Coupe d'Allemagne (ndlr: la première de l'histoire du club, 3-1 contre Dortmund), la situation a totalement changé. J'ai réalisé que je n'avais pas fini ma route avec le VfL Wolfsburg...»

Le grand stoppeur n'a pas forcément une énorme expérience, mais il risque de vivre un apprentissage accéléré ces prochains mois, avec la Nati, comme avec son club. De plus, sa taille (1m95) pourrait être un sacré avantage mardi prochain, du côté de Wembley, comme à l'Euro, vers lequel la Suisse peut faire un pas de géant ce week-end à domicile.

Ils ont dit. Vladimir Petkovic, sélectionneur de l'équipe de Suisse:

Ils ont dit. Vladimir Petkovic, sélectionneur de l'équipe de Suisse:

Ils ont dit. Vladimir Petkovic, sélectionneur de l'équipe de Suisse:

«Ce n'est pas comme une finale de Coupe, mais c'est un match très important. Pour nous, mais également pour notre adversaire. Il va falloir montrer que nous sommes meilleurs que notre opposant, même si à l'aller à Maribor, être supérieurs n'avait pas suffi (ndlr: la Suisse avait été battue sur penalty en toute fin de match, après avoir dominé la rencontre). Pour demain, c'est égal combien il y aura de personnes dans le stade (ndlr: tous les tickets n'ont pas été vendus), on veut juste pouvoir fêter un succès avec nos fans à l'arrivée. Mon milieu de terrain? J'attends la même chose de lui que ce que je lui demande à chaque partie. De la stabilité en phase défensive, ainsi que de donner du rythme pour la partie offensive. Pour l'instant, on a réussi à faire ça assez bien.»

Ricardo Rodriguez, latéral gauche de l'équipe de Suisse:

«Comment j'attends cette équipe de Slovénie? Je pense qu'elle ne va pas venir ici pour perdre... Je crois que les Slovènes veulent aussi gagner ce match, car ils le doivent s'ils veulent avoir encore une chance de qualification. Ils vont tout donner et on va aussi essayer de faire un bon match. Ca ne sera pas simple. Ce qu'il faut faire de différent par rapport au match aller? Marquer des buts... Mettre au fond nos occasions, c'est la chose qui nous a manquée à Maribor au match aller.»

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