Actualisé 21.07.2015 à 18:20

RoumanieLa libération des auteurs d'un viol scandalise le pays

Sept jeunes hommes, soupçonnés d'avoir abusé sexuellement d'une jeune femme en novembre, sont désormais uniquement sous contrôle judiciaire. La colère populaire gronde.

La mise en liberté des auteurs présumés d'un viol collectif provoque depuis quelques jours un tollé sans précédent en Roumanie, entre une grande pétition en ligne, une enquête du Conseil de la magistrature et des appels à soutenir la victime.

En novembre dernier, une lycéenne de 18 ans a porté plainte pour viol contre sept jeunes hommes, les accusant d'avoir abusé sexuellement d'elle pendant plusieurs heures dans un champ près de Vaslui, un petit village du nord-est du pays.

Dénigrement de la victime

Les sept violeurs présumés, âgés de 18 à 27 ans, ont été interpellés et maintenus en détention provisoire jusqu'en avril. Un tribunal local a alors décidé de les relâcher, tout en les assignant à domicile. Mais cette mesure a été levée en juin et les sept hommes ne sont désormais plus que soumis à un contrôle judiciaire.

La clémence des juges, accompagnée d'une campagne de dénigrement de la victime lancée par les familles des sept accusés, a scandalisé de nombreux Roumains et plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme, qui ont lancé une campagne baptisée «Brisons le silence sur les violences sexuelles», exhortant les autorités à s'impliquer davantage dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Enquête contre les magistrats

Plus de 200'000 Roumains avaient signé mardi une pétition appelant à «arrêter et punir les sept violeurs», et mettant en doute l'honnêteté des juges à l'origine de ces décisions controversées.

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a pour sa part annoncé mardi avoir ouvert une enquête pour vérifier si des «irrégularités» ont été commises par les procureurs et les juges impliqués dans ce dossier.

Selon le code pénal roumain, s'ils sont reconnus coupables, les sept hommes risquent des peines allant de 5 à 12 ans de prison.

(afp)

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