Votations du 9 février: La libre circulation est «lourdement défavorable»
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Votations du 9 févrierLa libre circulation est «lourdement défavorable»

Le bilan coûts/bénéfices de la libre circulation des personnes est «lourdement défavorable» au Tessin, assène Sergio Savoia, coordinateur des Verts tessinois.

Sergio Savoia, coordinateur des Verts tessinois.

Sergio Savoia, coordinateur des Verts tessinois.

La libre circulation des personnes «pousse les Italiens d'une région relativement prospère à chercher un emploi ici tandis que nos enfants» doivent quitter le Tessin pour en trouver un, affirme Sergio Savoia, coordinateur des Verts tessinois, dans une interview parue dans «Le Matin Dimanche». Le soutien des Verts tessinois à l'initiative de l'UDC soumise au vote le 9 février n'est pas qu'un «cri de désespoir», comme l'a qualifié la coprésidente du parti national Adèle Thorens. Il représente une réaction en faveur des travailleurs nationaux, qui «sont clairement les perdants de la libre circulation». Le taux de chômage des jeunes, quant à lui, atteint 15% dans le canton, selon les normes du Bureau international du travail.

2000 francs par mois

Et Sergio Savoia de donner des exemples concrets: 60% des entreprises industrielles cantonales «emploient en majorité des étrangers. Récemment, une de mes amies s'est vue proposer 2000 francs par mois pour un poste à plein-temps chez un grand loueur de voitures.» Les petites annonces proposant des salaires inférieurs à 2000 euros par mois «sont légion». De nombreuses offres précisent «frontaliers seulement». La lenteur de réaction des autorités cantonales est pointée du doigt par les Verts, même si des conventions collectives de travail (CCT) ont été instaurées dans neuf secteurs «où des abus manifestes ont été constatés». Les moyens de contrôle demeurent modestes: «Quinze à vingt inspecteurs du travail se partagent 11'000 entreprises».

Pas de retour des saisonniers

Les Verts tessinois ne désirent pas pour autant «revenir au statut indigne de saisonnier». L'initiative donne la possibilité de «rediscuter l'accord de libre circulation» avec l'Union européenne (UE) après dix ans de pratique. «Nous pouvons négocier un meilleur accord», affirme Sergio Savoia, qui fait confiance au Parlement «pour corriger les excès de l'initiative». L'écologiste ne craint pas que l'UE dénonce les autres accords bilatéraux si le texte de l'UDC est accepté dans les urnes. La Suisse est un «très bon client» de l'UE, la meilleure progression de ses exportations en 2013. «Se fâche-t-on avec un tel client? Je ne le pense pas.» (ats)

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