«La libre circulation n'est pas un danger pour la Suisse»
Actualisé

«La libre circulation n'est pas un danger pour la Suisse»

Aux yeux de Bilyana Raeva, l'extension de la libre circulation à la Bulgarie et la Roumanie ne présente pas de danger pour la Suisse. (Photo:DR)

Dès septembre, cette Bulgare de 33 ans prendra la tête de la délégation du parlement européen en charge des relations avec la Suisse.

«Aider la Bulgarie à édifier une économie solide peut contribuer à éviter un afflux massif en Suisse de travailleurs non qualifiés», a déclaré Mme Raeva lors d'un entretien accordé à l'ATS, suggérant par là qu'une contribution suisse de solidarité pour la Bulgarie et la Roumanie serait la bienvenue.

Selon cette économiste de formation, une telle perspective entrerait «dans la même logique» que lors de l'élargissement de l'union européenne (UE) en 2004. «La Bulgarie accuse un grand retard sur le plan économique et a besoin d'aide afin d'accélérer son développement», a-t-elle souligné.

Clauses de protection

Les négociations entre Berne et Bruxelles au sujet de l'extension de la libre circulation des personnes à ces deux pays de l'est, nouveaux membres de l'UE, viennent justement de commencer. Et la Suisse aimerait conserver des clauses de protection après l'expiration des limitations de contingents.

«De telles clauses ne devraient vraiment demeurer qu'en dernier recours», selon Mme Raeva. «Toutefois, si le marché suisse du travail devait être fortement perturbé, nous pourrions chercher ensemble une solution», a-t-elle avancé, ajoutant qu'il était dans l'intérêt de tous que l'économie suisse demeure aussi prospère qu'à l'heure actuelle.

«Pas des fonctionnaires»

La présidente de la délégation du parlement européen, qui appartient comme son prédécesseur Diana Wallis à une fraction libérale, ne connaît concrétement que très peu la Suisse. Mais elle affirme vouloir désormais découvrir ce pays avec un regard neuf.

Selon Mme Raeva, la délégation interparlementaire, et particulièrement lorsqu'elle s'occupe de voisins proches avec une économie prosère comme les Etats de l'EEE et la Suisse, a un rôle important. «Les parlementaires sont des gens normaux et pas des fonctionnaires», estime-t-elle.

«Cette délégation peut jouer le rôle d'intermédiaire lors de différences de point de vue», a-t-elle insisté, en faisant référence au différend fiscal entre la Suisse et l'UE.

Une solution ensemble

A cet égard, les députés européens exigent que la Commission européenne, après les entretiens de clarification prévus avec Berne, analyse à nouveau sa position selon laquelle ces pratiques fiscales constituent une entrave au commerce.

Mme Raeva est persuadée que la Commission européenne va accéder à cette demande: «Il n'y a pas d'autre possibilité que de chercher une solution tous ensemble», a-t-elle dit. Celle qui sera officiellement nommée présidente de la délégation le 11 septembre n'a toutefois pas voulu révéler qu'elle forme prendra cette tentative de conciliation.

ats

(ats)

Ton opinion