Selon la Fondation Kadhafi: La Libye bafoue les droits humains

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Selon la Fondation KadhafiLa Libye bafoue les droits humains

La Fondation Kadhafi a présenté jeudi un rapport accablant sur la situation des droits de l'homme en Libye. Elle fait état notamment de plusieurs cas de tortures et critique une mainmise de l'Etat sur les médias et la société civile.

Présidée par Seif Al-Islam, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, la fondation affirme avoir enregistré en 2009 «plusieurs violations flagrantes», citant des «cas de tortures et de mauvais traitements, des détentions injustifiées» et des «violations flagrantes et préméditées des lois».

Le rapport, qui a été distribué à la presse, appelle à la levée de «l'immunité décrétée par des lois spéciales et dont bénéficient des fonctionnaires de certains organes» de l'Etat. Il critique par ailleurs une emprise de l'Etat sur la presse en Libye, soulignant que «tous les médias appartiennent toujours à l'Etat».

«Malgré le fait que la loi actuelle sur les publications permet l'existence d'une presse privée, les restrictions et obstacles à l'octroi des licences existent toujours», empêchant l'émergence de médias privés, a déploré le rapport.

Syndicats sous «contrôle total»

En ce qui concerne la société civile, la Fondation Kadhafi note un «contrôle total» par le département des «affaires des syndicats» au Congrès du peuple (Parlement) des syndicats et ligues professionnelles qui ne bénéficient pas de «la moindre indépendance».

Elle appelle à l'annulation ou l'amendement de la loi 19 sur les associations qui représente, selon elle, un obstacle à la création d'ONG et «limite d'une façon flagrante la liberté des organisations de la société civile».

Massacre

La Fondation plaide par ailleurs pour une enquête «transparente, juste et équitable» sur le massacre de 1996 à la prison d'Abou Slim à Tripoli, au cours duquel au moins 1.200 prisonniers ont été tués par les forces de l'ordre, selon des organisations de défense de droits de l'Homme dont HRW.

Elle a indiqué avoir entamé un dialogue avec les familles des victimes en vue d'une «réconciliation nationale».

Décisions de justice pas respectées

Elle appelle enfin à la libération de tous les prisonniers dont l'innocence a été établie et ceux ayant achevé leurs peines, accusant l'administration et le gouvernement de ne pas respecter les décisions de justice.

Très active en matière de défense des droits de l'homme, la Fondation Kadhafi affirme que la situation des libertés en Libye s'est améliorée ces derniers années grâce à ses efforts. Au cours des derniers mois, la Fondation a ainsi obtenu la libération de dizaines de prisonniers islamistes ainsi que le retour de plusieurs opposants qui étaient en exil à l'étranger.

Il s'agit du premier rapport sur les droits humains en Libye que présente la Fondation depuis sa création en 1999. Sa publication intervient deux jours avant la présentation par Human Rights Watch de son rapport sur la Libye pour la première fois depuis ce pays.

Seif Al-Islam, qui est pressenti pour occuper le deuxième poste le plus important du pays, défend depuis quelques années un projet pour la «Libye de demain» (Libya Al-Ghad) prévoyant une presse libre et une société civile indépendante et comprenant un projet de constitution et un plan de développement économique de 70 milliards de dollars.

(ats)

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