Actualisé 04.03.2010 à 17:22

Affaire KadhafiLa ligue arabe décrit la Suisse comme un pays «raciste»

Les Etats membres de la ligue arabe ont adopté mercredi au Caire une position entièrement solidaire avec la Libye dans son différend avec la Suisse.

Ils accusent Berne d'être «raciste» et demandent à l'UE de réfuter la «liste noire» suisse des personnes à ne pas admettre dans l'espace Schengen.

Au total, les ministres de 17 pays membres de la Ligue arabe, dont ceux des voisins de la Libye, ont signé le document.

«Le Conseil de la Ligue arabe condamne les mesures unilatérales des autorités suisses», en référence à la «liste noire» des 150 personnalités libyennes auxquelles l'entrée dans l'espace Schengen est interdite, peut-on lire dans ce document, cité jeudi par l'ANSA. Une liste que les ministres qualifient de «raciste».

La Ligue arabe condamne aussi «l'utilisation de l'espace européen à des fins politiques» et «demande aux Etats de l'Union européenne de ne pas se tenir à une telle liste». Le Conseil revient aussi sur des menaces «proférées par des membres du Parlement suisse» sur l'usage de la force armée contre la Libye.

Appel

Après le dirigeant libyen Mouammar Khadafi, la Ligue arabe demande aussi un tribunal arbitral et des sanctions pour les responsables de la fuite ayant abouti à la publication dans la «Tribune de Genève» de photos d'identification d'Hannibal Kadhafi.

Ce texte a été adopté alors que la Libye a annoncé un embargo économique total envers la Suisse.

«Nous sommes proches d'une solution en ce qui concerne la crise avec la Suisse», avait déclaré mercredi le ministre libyen des affaires étrangères Moussa Koussa en marge d'une réunion du Congrès général du peuple (le pouvoir législatif libyen), à Syrte.

Parallèlement, il a reproché à Berne de ne pas «avoir mis en oeuvre jusqu'à présent ce qui a été convenu entre nos deux pays afin de résoudre» le différend.

Mesure prise par Tripoli

Jeudi, la Compagnie nationale libyenne de pétrole a elle mis en garde les compagnies pétrolières américaines contre les «répercussions» que pourrait provoquer le trait d'ironie du porte- parole de la diplomatie américaine sur l'appel de Mouammar Kadhafi au jihad contre la Suisse.

«Nous avons convoqué les compagnies pétrolières américaines (opérant en Libye) pour leur faire part de notre indignation au sujet des propos du porte-parole des Affaires étrangères et les informer des répercussions négatives que pourraient entraîner de tels propos sur les relations économiques entre les deux pays», a dit le président de la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) Chokri Ghanem.

Tripoli avait convoqué mercredi la chargée d'affaires américaines en Libye pour protester officiellement contre les propos tenus vendredi dernier par Philip Crowley, en exigeant «explications et excuses».

Suggestion récemment

M. Crowley avait dit en riant que l'appel de Kadhafi à la guerre sainte contre la Suisse lui rappelait la diatribe insolite et interminable du dirigeant libyen à la tribune de l'ONU en septembre dernier: «beaucoup de mots, beaucoup de papier volant un peu partout, et pas forcément beaucoup de sens».

Mercredi, il a assuré que son trait d'ironie n'était «pas une attaque personnelle», mais sans s'excuser comme l'exige Tripoli.

Les relations entre Berne et Tripoli se sont détériorées après l'interpellation musclée, en juillet 2008 à Genève, d'un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, sur plainte de deux domestiques l'accusant de mauvais traitements.

(ats)

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