Sommet Biden-Poutine (GE) - La liste de courses des partis pour le Conseil fédéral
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Sommet Biden-Poutine (GE)La liste de courses des partis pour le Conseil fédéral

Guy Parmelin et Ignazio Cassis vont dialoguer avec les États-Unis et la Russie. Voici ce que les politiques genevois voudraient qu’ils leur disent.

par
Jérôme Faas
Les conseillers fédéraux rencontreront Joe Biden mardi et Vladimir Poutine mercredi.

Les conseillers fédéraux rencontreront Joe Biden mardi et Vladimir Poutine mercredi.

REUTERS

L’espace de deux jours, la planète entière aura les yeux braqués sur Genève, où se rencontreront mercredi Joe Biden et Vladimir Poutine. Ce sommet sera aussi l’occasion pour le Conseil fédéral, représenté par Guy Parmelin et Ignazio Cassis, d’échanger avec le président américain, ce mardi, et avec son homologue russe, mercredi. Durant ces quelques minutes d’échange, quels thèmes serait-il judicieux d’aborder? Les partis genevois* ont tous leur idée sur la question.

Défendre la place financière

La thématique économique et fiscale préoccupe les partis de droite. Ainsi la présidente du PDC, Delphine Bachmann, juge «qu’il y a une discussion à avoir avec les États-Unis sur leur perception de la fiscalité suisse», sachant qu’ils «nous blâment régulièrement». Président du MCG, Francisco Valentin espère surtout «qu’il sera rappelé avec finesse à Joe Biden que la Suisse n’est pas un paradis fiscal.» Dans le même registre, il souhaite que les États-Unis «ne soient pas trop gourmands en matière de fiscalité internationale».

L’urgence climatique

La plupart des partis désirent que la préservation du climat soit abordée par les conseillers fédéraux. «Joe Biden s’est déjà engagé fortement sur le sujet, considère la présidente Verte Delphine Klopfenstein Broggini, mais les États-Unis ont pris beaucoup de retard sous la présidence de Donald Trump. La sortie programmée des énergies fossiles doit être mise sur la table. Malheureusement, le Conseil fédéral représente assez mal les Verts sur le sujet.» Lydia Schneider Hausser, co-présidente du Parti socialiste, estime aussi qu’en matière de climat, «on est à un tournant. Si les États-Unis et la Russie parviennent à s’entendre sur le sujet, ils peuvent nous sauver la mise au niveau planétaire.» «Nous serons obligés d’en discuter avec eux, et de leur rappeler la nécessité que les grandes puissances s’engagent sur ce thème», abonde Delphine Bachmann.

Désarmer la planète

Les Verts, le Parti socialiste et Ensemble à Gauche (EàG) mettent également en avant la question du désarmement nucléaire, «un point phare» pour Delphine Klopfenstein Broggini. «La Suisse pourrait jouer un rôle mais refuse de franchir le pas, déplore cependant Jean Burgermeister (EàG). Vu qu’elle vend des armes à l’étranger, elle est mal placée pour s’exprimer.»

En finir avec l’ingérence

La non-ingérence dans les conflits étrangers tient aussi à cœur de Lydia Schneider Hausser, alors que Jean Burgermeister, d’Ensemble à Gauche, parle d’autodétermination des peuples, sans se faire aucune illusion. «La Suisse a démontré depuis longtemps son manque de courage, en particulier par rapport à Washington, sur qui elle a tendance à s’aligner. Elle pourrait intervenir sur le Kurdistan, la Colombie, la Palestine.» Mais il redoute qu’il ne soit finalement question que de surfaces d’influence des deux grandes puissances, et non de territoires à destination des peuples.

Dédiaboliser les Russes

Le président du PLR Bertrand Reich, tout en estimant que «sur le fond, il ne faut pas attendre trop de telles rencontres», espère surtout que l’occasion sera saisie d’abandonner «l’hostilité de principe vis-à-vis de la Russie, qui n’est plus ni un pays communiste, ni un ennemi de l’Occident. Nous devons arrêter de les diaboliser.» Un point de vue que partage Francesco Valentin, qui «ne pense pas que l’ennemi soit la Russie», mais désigne la Chine.

Offrir ses bons offices

C’est enfin sur un rôle de pourvoyeur de bons offices que plusieurs partis souhaitent que le Conseil fédéral renforce sa position. «Offrir une place de médiation, c’est la base, avance Lydia Schneider Hausser. Nous avons là un rôle à jouer qui a été perdu par notre ministre des Affaires étrangères (ndlr: Ignazio Cassis). Il y a une impulsion à donner, qui jetterait les bases d’un travail plus précis, par la suite, que celui effectué durant ces deux journées. C’est la principale chose que le Conseil fédéral peut faire dans le petit espace qui lui sera accordé.» «Ce qui est important, c’est le multilatéralisme, le dialogue, renchérit Bertrand Reich. Cette rencontre constitue une carte de visite extrêmement importante pour la Genève internationale.»

*L’UDC n’a pas pu être jointe

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