Affaire Kadhafi - visas Schengen: La liste noire est une «bassesse politique», selon la Libye
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Affaire Kadhafi - visas SchengenLa liste noire est une «bassesse politique», selon la Libye

La Libye a qualifié jeudi de «bassesse politique» la «liste noire» de personnalités libyennes interdites d'entrée en Suisse, alors que Micheline Calmy-Rey rencontre son homologue libyen.

Critique formulée sur fond de crise diplomatique depuis l'arrestation en 2008 à Genève de Hannibal Kadhafi, fils du numéro un libyen.

Cette crise est en train de dégénérer. Tripoli a répliqué en suspendant l'octroi de visas d'entrée à «tous les citoyens de l'espace Schengen» et une réunion des chefs de la diplomatie suisse et libyenne se déroule ce jeudi matin à Madrid sous l'égide de l'Union européenne.

«L'établissement de cette liste (par Berne) est une bassesse politique visant à détourner l'attention de l'accord» signé en août 2009 pour régler la crise née de l'arrestation à Genève de l'un des fils de Mouammar Kadhafi, a dit le porte-parole du gouvernement libyen Mohamed Baayou.

188 personnes sur liste noire

Selon la presse libyenne, 188 personnalités libyennes, parmi lesquelles figure le colonel Kadhafi et sa famille, figurent sur la «liste noire» suisse. Le porte-parole libyen a dénoncé cette liste «où figure le nom d'un enfant de moins de trois ans (fils de Hannibal Kadhafi)», en parlant de «crime».

Berne n'a pas confirmé l'existence de cette liste, disant qu'elle poursuivait sa «politique restrictive de visas» pour les Libyens mise en place en septembre 2009 pour protester contre le refus de Tripoli de laisser partir deux citoyens helvétiques retenus en Libye depuis juillet 2008.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a rappelé pour sa part que cette mesure sur les visas a été prise après le kidnapping et la détention dans un endroit secret des deux otages suisses par les autorités libyennes l'automne dernier, cela sans explications.

Selon M. Baayou, Berne «peut mettre fin à la crise en appliquant l'accord signé à Tripoli par le président suisse et qui a été rejeté par le canton de Genève. (L'accord) porte sur des excuses, l'indemnisation et le jugement» des responsables de l'arrestation du fils de M. Kadhafi.

M. Baayou a estimé que l'UE devrait trouver un mécanisme «pour protéger ses intérêts mis à mal par les bêtises d'un petit pays», en allusion à la Suisse.

A la demande de la Suisse, 270 demandes de visas Schengen ont été refusées en 2009 à des Libyens sur 30.000 présentées. Tripoli a répliqué en suspendant l'octroi de visas d'entrée à «tous les citoyens de l'espace Schengen», provoquant des remous parmi les 25 membres de cet espace.

Micheline Calmy-Rey rencontre son homologue lybien

La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey discutait jeudi matin à Madrid avec son homologue espagnol Miguel Angel Moratinos du différend entre la Suisse et la Libye, a constaté l'ATS sur place.

Les deux ministres devaient être rejoints plus tard par le chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa.

Mme Calmy-Rey est arrivée vers 09h45 au ministère espagnol des Affaires étrangères. M. Koussa est arrivé à son tour à 10h30. Cette rencontre, organisée sous l'égide de la présidence espagnole de l'UE, intervient au lendemain de discussions tripartites entre l'Italie, Malte et la Libye.

Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini avait indiqué mercredi que Berne et Tripoli étaient disposées à mettre un terme à leur contentieux.

(ats)

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