Actualisé 20.12.2009 à 10:04

Affaire HSBC

La liste transmise à la France n'est pas exacte

Le directeur général de HSBC (Suisse) s'exprime pour la première fois, dans la presse dominicale, sur l'affaire à l'origine de la crise entre la Suisse et la France.

Pour Alexandre Zeller, la liste transmise par son ex-employé aux autorités françaises comporte des «inexactitudes» et des «incohérences».

«La personne que nous avons employée loyalement pendant huit ans a pris en quelque sorte des pièces de plusieurs puzzles et a essayé de les mettre ensemble. Ces données restent toutefois extrêmement difficiles à exploiter, tant sur le plan technique que juridique», explique M. Zeller dans une interview publiée dans «Le Matin Dimanche» et la «SonntagsZeitung».

M. Zeller avoue ne pas savoir exactement comment l'ex-employé de sa banque s'est procuré ces données. «Il est possible que des données aient été volées à fin 2006, début 2007, lors du passage d'un système informatique à un autre», indique l'ancien patron de la Banque cantonale vaudoise (BCV), arrivé à la tête de HSBC Suisse en août 2008 seulement.

Pour M. Zeller, «une chose est sûre, M.Falciani n'a rien d'un Robin des Bois». Quant aux clients de HSBC, Alexandre Zeller assure qu'ils sont «dans l'ensemble confiants(...). Depuis le week-end dernier, nous avons eu environ 150 appels à Genève et Zurich». La filiale helvétique du géant britannique a même renforcé son équipe d'experts juridiques.

Affaire politique

Mais M. Zeller le reconnait à son tour, «cette affaire de piratage informatique s'est transformée en une affaire politique et juridique qui dépasse le seul cadre de notre banque». Pour le patron de la plus importante banque étrangère présente en Suisse, «c'est toute la place financière suisse qui est concernée» dans cette affaire.

La transmission de cette liste aux autorités françaises a provoqué des tensions entre Berne et Paris. Plusieurs membres du gouvernement français ont fait part de leur intention d'utiliser les données bancaires volées pour lancer des poursuites contre de présumés fraudeurs.

Vendredi, sur demande du ministre du Budget Eric Woerth, le Sénat français a retiré le projet de placer la Suisse sur une liste noire. Le patron de Bercy a calmé l'ardeur des sénateurs, afin de ne pas jeter de l'huile sur le feu après la suspension par Berne de la ratification de la convention de double imposition avec la France. (ats)

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