Attentats de Paris et Bruxelles: La logeuse d'Abrini dupée: «Il cachait bien son jeu»
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Attentats de Paris et BruxellesLa logeuse d'Abrini dupée: «Il cachait bien son jeu»

Une jeune femme, arrêtée en même temps que les 6 interpellés vendredi dernier en Belgique, était la «logeuse» de Mohamed Abrini. Elle dit s'être fait avoir.

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cga
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23.06 Selon Le Soir, Salah Abdeslam a été retenu pendant 30 minutes par des gendarmes français, le 14 novembre. Ils n'avaient pas reçu d'informations concernant sa radicalisation.

23.06 Selon Le Soir, Salah Abdeslam a été retenu pendant 30 minutes par des gendarmes français, le 14 novembre. Ils n'avaient pas reçu d'informations concernant sa radicalisation.

BFM TV
16.06 Un lycéen de 17 ans raconte à BFM TV sa rencontre avec Salah Abdeslam, avec qui il a passé une partie de la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.

16.06 Un lycéen de 17 ans raconte à BFM TV sa rencontre avec Salah Abdeslam, avec qui il a passé une partie de la nuit qui a suivi les attentats du 13 novembre 2015.

Capture d'écran BFM TV

Les rebondissements se multiplient depuis l'arrestation vendredi dans la commune bruxelloise d'Anderlecht de Mohamed Abrini, un Belgo-Marocain de 31 ans, ami d'enfance de Salah Abdeslam, suspect-clé des attentats de Paris capturé le 18 mars à Bruxelles, et de trois autres individus.

Lors de ses auditions, Abrini a reconnu être le troisième homme qui accompagnait les deux kamikazes de l'aérogare de Bruxelles, «l'homme au chapeau» que les enquêteurs cherchaient à identifier à l'aide d'images de vidéosurveillance. En conséquence, Mohamed Abrini n'est plus seulement inculpé dans le volet français mais l'est également désormais pour «participation aux activités d'un groupe terroriste, assassinats terroristes et tentatives d'assassinats terroristes» dans l'enquête sur les attentats de Bruxelles.

Dimanche RTL a recueilli le témoignage d'Assia B., la femme chez qui Mohamed Abrini a logé durant les derniers jours de sa cavale. Samedi elle était ressortie libre après «audition approfondie». Aux enquêteurs, cette quadragénaire a raconté avoir été abordée dans un bar car elle cherchait 2 euros pour régler sa bière. Elle décrit un homme généreux et riche: «Il me fallait de la monnaie, il me fallait deux euros et j'ai été le trouver. Le type, très sympa, m'a donné plus que ce que je demandais. Le type était un peu blindé d'argent: des liasses de 50 euros, des liasses de 20. Tu demandes 2 euros, il t'en donne 10 puis encore 20».

«Un type trop cool, baba cool»

«Il m'a expliqué que ses parents étaient en Allemagne, qu'il n'avait pas sa carte d'identité, qu'il ne voulait pas aller à l'hôtel, poursuit Assia B. Il n'a pas insisté pour venir chez moi. Il a dormi deux nuits, il m'a donné un peu de sous pour aller faire des courses, il déjeune le matin, il rigole, il parle, il est normal. C'était un type trop cool, baba cool. Il cachait bien son jeu parce qu'on n'aurait pas dit que c'était lui. Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'ils ont fait. Je suis très très choquée. Je n'arrive plus à dormir. Quand je vois sa photo, je tremble.».

Selon la «Dernière Heure», Assia affirme n'avoir reconnu Abrini que «quelques heures avant son arrestation lorsqu'ils ont diffusé son portrait au journal télévisé et j'ai pris peur. Je n'ai pas bougé tout de suite parce que je comptais aller voir l'agent de quartier le lendemain». Elle explique également que l'homme ne lui a jamais parlé de religion: «Au contraire, il ne m'a raconté que des conneries.»

Un mandat d'arrêt européen avait été publié à son encontre par les juges français: possible soutien logistique, Mohamed Abrini a été filmé en compagnie de Salah Abdeslam dans une station-service de l'Oise (nord de Paris) dans la voiture qui servira à convoyer les kamikazes au Stade de France deux jours plus tard. Des traces de son passage avaient été localisées dans deux logements de Schaerbeek, une commune de Bruxelles, qui pour l'un a pu servir de cachette à Salah Abdeslam en fuite et pour l'autre était le point de départ du commando de l'aéroport de Bruxelles. «Confronté aux résultats de diverses expertises, (il) a reconnu sa présence lors des faits», avait expliqué samedi soir le parquet fédéral belge. Il s'agit principalement des images de vidéosurveillance, selon une source proche du dossier.

Parcours retracé

Les enquêteurs avaient pu retracer une partie du parcours de «l'homme au chapeau», de l'aérogare quittée à pied juste avant les explosions à sa disparition deux heures plus tard dans le centre de Bruxelles. Mais Mohamed Abrini a-t-il dit la vérité aux enquêteurs et au juge d'instruction ? «Cela ne correspond pas au mode opératoire de l'EI», le groupe Etat islamique, qui a revendiqué les attentats, a déclaré un spécialiste belge de l'islamisme radical, Peter Van Ostaeyen, estimant qu'il a pu mentir pour protéger le reste du réseau.

Trois autres hommes ont été arrêtés le même jour que Mohamed Abrini. Osama Krayem (dont l'identité complète n'est pas confirmée par le parquet), un Suédois de 23 ans qui s'est rendu en Syrie, a été identifié comme le deuxième homme du métro bruxellois, filmé avec Khalid El Bakraoui quelques minutes avant que celui-ci ne se fasse exploser à la station Maelbeek. Il est aussi soupçonné d'avoir acheté les sacs ayant contenu les explosifs de l'attaque de l'aérogare.

Les enquêteurs soupçonnent Salah Abdeslam d'être allé le chercher, ainsi que le dénommé Amine Choukri, à Ulm (Allemagne), le 3 octobre quand ils sont, très probablement, rentrés de Syrie. Deux autres hommes, Hervé B. M., un Rwandais de 25 ans, et Bilal E. M., 27 ans, ont également été inculpé dans le volet belge pour avoir aidé Abrini et Krayem. (cga/afp)

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