15.10.2020 à 21:33

NicaraguaLa loi sur les «agents étrangers» adoptée, en dépit du tollé

Le gouvernement a fait adopter une loi cataloguant comme «agents étrangers» les personnes et entités recevant des fonds de l’extérieur du Nicaragua.

Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, et sa femme qui est aussi la vice-présidente, Rosario Murillo, dans la capitale Managua, en 2018.

Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, et sa femme qui est aussi la vice-présidente, Rosario Murillo, dans la capitale Managua, en 2018.

KEYSTONE

Le Parlement du Nicaragua, où le parti du président Daniel Ortega est majoritaire, a adopté jeudi la loi imposant aux personnes et organismes recevant des financements extérieurs au pays de s’enregistrer comme «agents étrangers» auprès du ministère de l’Intérieur. Le texte avait soulevé un tollé international.

Il a été présenté par des députés du parti Front sandiniste de libération nationale (FSLN, au pouvoir). Il a été approuvé par 70 voix pour, 17 contre et 4 abstentions, à l’issue de deux heures de débats. Pour ses promoteurs, la loi vise à défendre la souveraineté du pays et à lutter contre les ingérences étrangères.

Ce texte de loi vise les personnes et entreprises qui travaillent «sous les ordres, la supervision et le contrôle d’un organisme étranger», avec à la clé une surveillance étroite et des restrictions de leurs droits civiques et politiques. Sont visés spécifiquement les «conseillers, agents de relations publiques, agents de publicité, les employeurs de services d’information» et les consultants politiques.

Les prochaines élections dans un an

Grâce à un amendement présenté la veille du débat parlementaire, les «médias internationaux de communication sociale et leurs correspondants», ainsi que les agences de coopération, les organisations à caractère humanitaire et les entités religieuses accréditées sont exclus du champ d’application de la loi.

Les 14 députés du Parti Libéral indépendant (PLI, droite) ont voté en bloc contre le texte en faisant valoir que «le concept de souveraineté ne peut être au-dessus du droit des personnes». Cette loi polémique est adoptée un peu plus d’un an avant les prochaines élections présidentielle et législatives, prévues pour novembre 2021.

(ATS/NXP)

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