Actualisé 02.02.2015 à 12:16

Grande-BretagneLa «Magna Carta» fête ses 800 ans

Les quatre derniers exemplaires originaux connus du texte fondateur de la démocratie et du droit constitutionnel modernes sont réunis pour la première fois lundi à Londres.

La «Grande Charte» a été signée par le roi d'Angleterre Jean Sans Terre le 15 juin 1215, sous la pression de barons rebelles soucieux de limiter l'arbitraire royal.

La «Grande Charte» a été signée par le roi d'Angleterre Jean Sans Terre le 15 juin 1215, sous la pression de barons rebelles soucieux de limiter l'arbitraire royal.

La «Magna Carta», texte fondateur de la démocratie et du droit constitutionnel modernes, fête cette année ses 800 ans. Les quatre derniers exemplaires originaux connus sont réunis pour la première fois lundi à Londres.

La «Grande Charte» a été signée par le roi d'Angleterre Jean Sans Terre le 15 juin 1215, sous la pression de barons rebelles soucieux de limiter l'arbitraire royal. Elle a inspiré de nombreux textes juridiques, dont la Pétition des Droits de 1628, la Constitution des États-Unis de 1789 ou la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948.

Ils sont 1215 chanceux, sur les 50'000 postulants, à avoir été tirés au sort pour voir de leurs propres yeux, entre lundi et mercredi, les quatre copies regroupées à la British Library. La bibliothèque nationale expose ses deux précieux exemplaires ainsi que ceux de la cathédrale de Lincoln (centre-ouest de l'Angleterre) et de la cathédrale de Salisbury (sud de l'Angleterre).

La clause 39

Ces quatre parchemins, seuls rescapés des copies faites juste après l'accord scellé entre Jean Sans Terre et les barons à Runnymede, seront ensuite transférés pour une journée d'exposition au public, jeudi au Parlement de Westminster. Les curieux connaissant le latin pourront tenter de déchiffrer les 63 clauses.

«Aucun homme libre ne sera arrêté ni emprisonné, ou dépossédé de ses biens, ou déclaré hors-la-loi, ou exilé, ou exécuté de quelque manière que ce soit, et nous n'agirons pas contre lui et nous n'enverrons personne contre lui, sans un jugement légal de ses pairs et conformément à la loi du pays», prescrit la plus célèbre d'entre elles, la clause 39.

Cri de ralliement

Le texte, annulé par le pape Innocent III quelques semaines après sa signature, avait été rétabli dans une version moins radicale en 1216 par le régent du jeune Henri III. Il est ensuite tombé dans un certain oubli jusqu'au 17e siècle, mais ses principes sont devenus «un puissant cri de ralliement international contre l'usage arbitraire du pouvoir», estime la British Library.

Anthony Clarke, juge à la Cour Suprême britannique, fait partie de ceux qui pensent que le document revêt une importance toute particulière de nos jours. Les gouvernements occidentaux cherchent un équilibre entre la nécessité d'assurer la sécurité des citoyens et le respect des droits individuels, de la primauté du droit et de la justice.

Le magistrat relève qu'en de nombreux endroits du monde, beaucoup continuent de se réclamer des principes de la Magna Carta, pour exiger un accès universel à la justice, l'égalité devant la loi et l'encadrement juridique du pouvoir politique.

Des centaines d'événements - expositions, débats, conférences, dîners, spectacles - sont prévus cette année, principalement en Angleterre, pour fêter les 800 ans de cette vénérable charte, dont une journée de commémorations internationales le 15 juin à Runnymede. (ats)

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