Tuerie de Newtown: La Maison Blanche reste vague sur les armes à feu
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Tuerie de NewtownLa Maison Blanche reste vague sur les armes à feu

La Maison Blanche a refusé lundi de fournir la moindre précision sur les changements réclamés par Barack Obama pour éviter de nouvelles tueries comme celle de Newtown.

Deux jours après la mort de 26 personnes, dont 20 enfants de six et sept ans, tués par un homme lourdement armé dans une école primaire de Newtown, dans le Connecticut, le président américain s'est engagé dimanche soir à faire en sorte que les Etats-Unis protègent mieux leurs enfants.

Il n'a toutefois pas évoqué explicitement un éventuel durcissement de la législation sur les armes à feu et s'est contenté de promettre une réflexion avec des représentants de la police et de la justice, des éducateurs, des parents et des spécialistes des questions psychiatriques.

Lundi, Barack Obama a rencontré son vice-président Joe Biden et les ministres de l'Education, Arne Duncan, de la Justice, Eric Holder, et de la Santé, Kathleen Sebelius, ainsi que des collaborateurs pour «commencer à examiner la réaction possible du pays au drame de Newtown».

«Je n'ai pas de calendrier précis à vous fournir au sujet de ce que le président va entreprendre», a dit son porte-parole, Jay Carney. «Je vous renvoie simplement à ses déclarations d'hier soir lorsqu'il a parlé de l'action qu'il espère entreprendre pour mobiliser le peuple américain (...) dans les semaines à venir.»

Jay Carney a cependant rappelé le soutien de Barack Obama à une éventuelle réinstauration de l'interdiction des armes semi-automatiques. Il a toutefois refusé de dire si le président soutiendrait l'initiative de la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, qui compte proposer l'an prochain au Congrès de rétablir cette interdiction.

«Ce massacre nous a changés»

«Je ne vais pas commenter chaque proposition l'une après l'autre mais le président, comme vous le savez, est partisan de longue date d'un rétablissement de l'interdiction des armes offensives qui a expiré en 2004», a dit son porte-parole. «Comme l'a dit le président (...) il s'agit d'un problème complexe qui nécessite un éventail de solutions complexes.»

Interrogé au sujet d'une éventuelle limitation du port d'armes, un débat qui divise les Américains, Jay Carney a répondu que «cela fait partie (de la réponse) mais c'est loin d'être toute (la réponse)».

Des partisans démocrates de la libre circulation des armes à feu ont rejoint lundi les rangs croissants des parlementaires de leur parti favorables à une limitation en la matière à la suite de la tuerie de Newtown.

Elu de Virginie-Occidentale, chasseur et adhérent de la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes à feu aux Etats-Unis, Joe Manchin a jugé que «tout doit être mis sur la table» car «ce massacre atroce de nos enfants nous a changés».

Sénateur de Virginie, où se trouve le siège de la NRA, Mark Warner a pour sa part déclaré qu'il «doit y avoir un moyen de mettre en place des restrictions raisonnables, notamment en ce qui concerne les armes semi-automatiques».

Représentant démocrate du Kentucky, John Yarmuth a lui aussi évolué. «Je suis globalement resté silencieux au cours des six dernières années au sujet des violences liées aux armes à feu et je le regrette désormais autant que je regrette ce qui est arrivé à ces familles qui ont tant perdu dans ce dernier drame, hélas pas isolé», dit-il dans un communiqué.

Renforcer le contrôle des acquéreurs

Auparavant réticente à l'idée, Nancy Pelosi, chef de file de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, a déclaré lundi qu'elle soutiendrait une interdiction des armes semi-automatiques.

«On ne peut faire taire la voix de la raison», a-t-elle dit. «Par la voie administrative ou législative, nous devons limiter la prolifération des armes et des munitions qui n'ont d'autre utilité que de tuer des citoyens.»

Défenseurs traditionnels de la liberté du port d'armes, les républicains restent pour leur part discret sur le sujet. La NRA est quant à elle totalement silencieuse et elle ne communique plus depuis vendredi.

Comme le relève Nancy Pelosi, Barack Obama peut se passer du Congrès pour agir.

Le président ne peut certes pas interdire lui-même certaines armes mais il peut imposer par décret un renforcement du contrôle de la personnalité des individus souhaitant acquérir une arme. Il peut aussi interdire certaines importations ou encore allonger la durée de conservation des données relatives aux acheteurs d'armes à feu. (ats)

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