Actualisé 07.12.2019 à 14:02

IrakLa maison de Moqtada Sadr visée après une tuerie

Le leader chiite irakien Moqtada Sadr a été ciblé après avoir pris partie pour les manifestants antigouvernementaux, après un nouveau massacre à Bagdad.

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Le Premier ministre irakien désigné Mohammed Allawi a annoncé dimanche qu'il renonçait à former un gouvernement, plongeant un peu plus dans l'inconnu son pays en crise. (1er mars 2020)

Le Premier ministre irakien désigné Mohammed Allawi a annoncé dimanche qu'il renonçait à former un gouvernement, plongeant un peu plus dans l'inconnu son pays en crise. (1er mars 2020)

AFP
Deux roquettes se sont abattues dans la nuit de dimanche à lundi dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, près de l'ambassade des États-Unis. (2 mars 2020)

Deux roquettes se sont abattues dans la nuit de dimanche à lundi dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, près de l'ambassade des États-Unis. (2 mars 2020)

AFP
La répression des manifestations qui secouent l'Irak a fait de nouveaux morts mardi tandis qu'une chaîne de télé a été interdite de diffusion. (28 janvier 2020)

La répression des manifestations qui secouent l'Irak a fait de nouveaux morts mardi tandis qu'une chaîne de télé a été interdite de diffusion. (28 janvier 2020)

AFP

Un obus s'est écrasé samedi matin près de la maison du leader chiite irakien Moqtada Sadr. Le dignitaire soutient les manifestants antigouvernementaux, victimes dans la nuit d'une tuerie à Bagdad.

Dix-sept manifestants ont été tués et une centaine blessés par des hommes armés non identifiés qui ont tenté de les déloger du parking où ils se trouvaient depuis des semaines, selon des médecins. Les forces de l'ordre, déployées autour de la place Tahrir, n'ont pas réagi.

Des membres du mouvement de Moqtada Sadr se sont déployés dans la zone. Ils ont perdu un homme, selon une source au sein des Brigades, mais n'ont pas répliqué par des tirs, ayant pour ordre de «protéger les manifestants, mais sans armes».

Choc national

Ce que les protestataires appellent désormais «le massacre de Senek» a suscité un choc national. En réponse, des centaines de manifestants ont afflué plus nombreux encore samedi sur la place Tahrir et les places du sud du pays, gagné par la contestation.

L'attaque de la nuit a marqué un tournant dans le premier mouvement de contestation spontané d'Irak, déjà marqué par 445 morts et 20'000 blessés. Depuis deux mois, des milliers d'Irakiens conspuent le pouvoir, accusé d'incompétence et de corruption, ainsi que son parrain iranien.

Les forces de l'ordre déployées alentour avaient déjà tiré à plusieurs reprises sur la foule, faisant des dizaines de morts. Mais vendredi soir, quand des hommes armés ont débarqué, elles n'ont pas bougé. Les salves de tirs se sont enchaînées et les manifestants n'ont pu que se tourner vers les réseaux sociaux pour diffuser les images du chaos, parfois en direct.

L'Etat assure ne pouvoir ni identifier ni arrêter les assaillants dans un pays où les factions armées pro-Iran n'ont cessé de gagner en influence et sont désormais intégrées aux forces de sécurité. Des sources policières disent toutefois avoir collecté des informations sur la volonté de ces factions d'attaquer les manifestants.

Crainte du pire

Peu après les violences de Bagdad, «vers 03h00, un drone a tiré un obus de mortier sur la maison de Moqtada Sadr» dans la ville sainte chiite de Najaf, au sud de la capitale, a indiqué une source au sein du mouvement sadriste. «Seul le mur extérieur a été touché», a-t-elle précisé. Moqtada Sadr ne se trouvait pas à Najaf au moment de l'attaque, selon plusieurs sources. Aucun blessé n'a été recensé.

Pour les protestataires, qui ont déjà brûlé des dizaines de sièges des partis et des factions armées partout dans le pays, le «massacre de Senek» fait redouter le pire.

Ailleurs dans le sud gagné par la révolte, les manifestants se rassemblaient par milliers en solidarité avec Tahrir à Nassiriya et à Diwaniya, ont rapporté des correspondants de l'AFP, faisant également état d'importants déploiements des forces de sécurité.

Non aux «ingérences étrangères»

Après des années passées à renforcer son influence en Irak, Téhéran est désormais en première ligne dans les négociations politiques, mais aussi plus exposé que jamais à la colère des manifestants qui veulent mettre à bas le système tout entier, ses politiciens avec.

Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, a appelé vendredi à préserver le futur gouvernement - qui doit remplacer d'ici dix jours celui d'Adel Abdel Mahdi - des «interférences étrangères».

Il s'est surtout dégagé de toute responsabilité vis-à-vis du cabinet à venir, affirmant ne jouer «aucun rôle» dans sa nomination, actuellement négociée sous l'égide de deux émissaires de Téhéran. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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