Actualisé 26.07.2014 à 19:42

France

La manifestation interdite dégénère

Plusieurs centaines de militants de la cause palestinienne ont bravé, samedi à Paris, l'interdiction de manifester décidée par le gouvernement par crainte de violences et débordements antisémites.

Plusieurs milliers de personnes ont participé samedi à Paris à un rassemblement pro-palestinien, pourtant interdit, qui a donné lieu à des incidents, une semaine après de violents débordements lors de précédentes manifestations interdites.

A Genève, un millier de protestataires ont demandé «la fin du massacre».

A Paris, alors que le défilé avait été interdit par la police qui invoquait le risque de violences, quelque 5000 personnes s'étaient rassemblées à 15h00 place de la République, point de départ initialement prévu du cortège, mais sans chercher à défiler. Les forces de l'ordre avaient toléré le rassemblement tout en maintenant un important dispositif de sécurité.

De jeunes, certains cagoulés, jetaient également divers projectiles, des pierres notamment, sur des vitrines de magasins. Un abribus a été détruit. Selon le ministère de l'Intérieur, 70 personnes ont été interpellées, dont trente placées en garde à vue, en marge de la manifestation. Douze policiers ont été légèrement blessés.

Illégale, mais «plus que légitime»

La justice française avait confirmé à la mi-journée l'interdiction de la manifestation décidée par la police. Et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait solennellement appelé les organisateurs à renoncer à leur initiative, avertissant qu'ils seraient tenus pour «responsables d'éventuels débordements (...) et passibles de sanctions pénales».

«Cette manifestation est illégale, mais pour nous elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se faire massacrer», expliquait Hugo, jeune militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, extrême gauche).

Le président François Hollande avait assuré le 14 juillet qu«il n'était pas question de laisser «s'importer» en France le conflit israélo-palestinien. Des incidents avaient éclaté près d'une synagogue à l'issue d'une manifestation le 13 juillet.

Contrairement à d'autres manifestations pro-palestiniennes en Europe qui ne suscitent pas de polémique, en France l'opposition à l'offensive israélienne s'est doublée d'une controverse sur l'interdiction de certains rassemblements et la montée de l'antisémitisme. A Londres, quelque 10'000 manifestants selon la police ont défilé pour demander «la fin du massacre à Gaza». Les manifestants se sont rassemblés devant l'ambassade d'Israël, dans le quartier de Kensington (ouest de Londres). Ils ont ensuite défilé vers la place du Parlement britannique. Aucun incident n'a été signalé. (ats/afp)

Ailleurs en France

Contrairement à d'autres manifestations propalestiniennes en Europe qui ne suscitent pas de polémique, en France l'opposition à l'offensive israélienne s'est doublée d'une controverse sur l'interdiction par les autorités de certains rassemblements et sur la montée de l'antisémitisme. Critiqué par sa gauche et par une partie de l'opposition de droite pour avoir joué le pompier pyromane en interdisant des manifestations, le président Hollande a défendu son credo: »faire respecter l'ordre républicain et refuser les slogans qui expriment la haine«.

Les détracteurs du gouvernement soulignent que les manifestations autorisées se sont déroulées sans incident majeur, et que les deux rassemblements qui ont dégénéré le week-end dernier, à Paris et Sarcelles, avaient fait l'objet d'interdictions. De leur côté, les ONG Amnesty international et Human Rights Watch se sont toutes deux inquiétées des restrictions à la »liberté de réunion". Des manifestations propalestiniennes étaient organisées samedi dans plusieurs autres villes françaises, à Angers, Toulouse, comme chaque week-end depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza.

En 19 jours, elle a déjà fait au moins 1000 morts côté palestinien et 39 côté israélien. Une réunion d'acteurs internationaux s'est tenue samedi à Paris, appelant à prolonger le cessez-le-feu humanitaire entré en vigeur en début de matinée.

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