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FranceLa Marine enquête sur le tir raté d'un missile

Tous les moyens ont été mis en oeuvre pour retrouver les débris d'un missile M51 qui a explosé en vol dimanche au large de la Bretagne après avoir été tiré d'un sous-marin nucléaire, un incident classé «secret défense».

«Des vols ont été réalisés sur zone par des avions de patrouille maritime et des hélicoptères mais aucun fragment n'a été aperçu en surface», a expliqué à l'AFP l'enseigne de vaisseau Thierry Maguet de la préfecture maritime de l'Atlantique, au lendemain de l'explosion du missile, dans la baie d'Audierne, à 25 km des côtes. «Maintenant, les opérations s'orientent vers des recherches sous-marines», a-t-il ajouté, alors que les débris du missile de 12 m de haut et 56 tonnes pourraient reposer par 100 m de fond. Des navires de recherche spécialisés se trouvent déjà sur place.

Selon la Défense, le missile est «sorti normalement» dimanche d'un sous-marin lanceur d'engin (SNLE), Le Vigilant, avant de s'autodétruire. Le M51 avait été tiré cinq fois auparavant avec succès, dont deux fois à partir d'un autre SNLE, Le Terrible, souligne-t-on. L'échec du tir survient moins d'une semaine après la publication du Livre blanc 2013 qui confirme la dissuasion nucléaire comme l'un des piliers de la défense nationale. La destruction du missile, d'un coût de 120 millions d'euros, intervient également au moment où la Défense est soumise à de strictes contraintes budgétaires. Aucune explication technique de l'échec du tir n'était disponible lundi, selon la Défense. Le fabricant du missile, Astrium, la division espace du groupe EADS, s'est refusée à tout commentaire.

Selon des sources proches du dossier, les résultats de l'enquête qui réunit les parties concernées (Direction générale de l'armement, industriels, Marine...) ne devraient pas être rendus publics, ce qui touche à la dissuasion nucléaire étant classé «secret défense». La composante maritime de la dissuasion, considérée comme la plus fiable, repose sur quatre SNLE, pour permettre à la France d'avoir en permanence en mer un sous-marin équipé de missiles à charges nucléaires. Plusieurs dizaines de personnes ont par ailleurs manifesté dans l'après-midi contre le programme des M51 au pied du phare d'Eckmühl, à Penmarc'h, où a été déployé le système électronique de surveillance du tir, a constaté l'AFP. (afp)

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