Actualisé 23.06.2020 à 10:10

Islam

La Mecque interdite aux étrangers: une première

L’Arabie saoudite a décidé de limiter l’accès au grand pèlerinage cet été. La faute au coronavirus.

AFP

De nombreux musulmans se sont montrés déçus mardi que le grand pèlerinage de La Mecque soit limité cette année à un nombre réduit de fidèles, tout en disant comprendre la décision de l'Arabie saoudite aux prises avec une recrudescence de l'épidémie de coronavirus.

Ryad a annoncé lundi que le hajj prévu fin juillet serait limité à un millier de personnes, de toutes nationalités, «se trouvant à l'intérieur du royaume» saoudien. C'est la première fois dans l'histoire moderne du pays que les musulmans étrangers doivent renoncer au pèlerinage annuel.

Des années à économiser

Mais cette mesure apparaissait comme de plus en plus inévitable après que plusieurs pays ont annulé les pèlerinages pour leurs citoyens.

L'annonce officielle a cependant ajouté à la déception pour les musulmans qui souvent attendent de longues années pour se rendre au hajj, passent par une préparation spirituelle, et doivent économiser d'importantes sommes pour le voyage.

«Mon espoir d'aller (à la Mecque) était si grand», dit Kamariah Yahya, une Indonésienne de 68 ans. «Je me préparais depuis des années. Mais que faire? C'est la volonté d'Allah, c'est le destin.»

L'Indonésie, qui compte la plus importante population musulmane au monde, envoie traditionnellement le plus gros contingent de pèlerins au hajj, mais elle avait renoncé début juin au pèlerinage devant les risques liés à la pandémie.

Voyage «trop risqué»

Syam Resfiadi, président de l'Union indonésienne des organisateurs du hajj et de la omra, le petit pèlerinage, estime que le voyage cette année était «trop risqué».

Certaines compagnies organisatrices «ont commencé à licencier leurs employés ou ont même fermé» faute de revenus, indique-t-il à l'AFP.

Le pèlerinage de la Mecque est l'un des cinq piliers de l'islam, et un voyage que tout musulman, s'il en a la capacité, doit entreprendre au moins une fois dans sa vie.

Mais cet événement qui voit chaque année des millions de personnes converger vers les lieux saints de l'islam risquait pendant la pandémie de devenir un énorme foyer de contagion du nouveau coronavirus.

Une décision unilatérale

Pour Shahadat Hossain Taslim, qui dirige un groupe représentant des agences de voyage du Bangladesh pour le hajj, «de nombreuses personnes vont être brisées» par cette décision qu'il estime cependant nécessaire.

«La majorité des pèlerins du Bangladesh sont des personnes âgées, qui sont vulnérables au Covid-19», observe-t-il.

En Inde, le ministère aux Affaires des minorités a indiqué que plus de 200.000 personnes étaient inscrites pour le hajj de 2020 et assuré qu'elles recevraient un remboursement des sommes déjà déposées.

L'Arabie saoudite est le pays arabe du Golfe le plus touché par le coronavirus avec une recrudescence du nombre de contaminations. Les autorités ont officiellement recensé plus de 161.000 personnes infectées, dont 1.307 sont décédées.

(AFP)

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