La médecine doit-elle rendre plus beau?
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La médecine doit-elle rendre plus beau?

Les mesures médicales dont le but n'est pas de soigner des maladies mais d'améliorer des caractéristiques physiques ou intellectuelles prennent toujours plus d'importance.

Cette tendance pose toutefois des problèmes éthiques, surtout lorsqu'elle touche les enfants.

L'»Enhancement Medicine», ou médecine méliorative, franchit les limites en remplaçant la mission de guérir, soulager et accompagner par un objectif d'amélioration, estime Lutz Jäncke, professeur de neuropsychologie à l'université de Zurich. Il s'exprimait dans le cadre d'un symposium organisé mercredi par l'Académie suisse des sciences médicales (ASSM).

Pour illustrer son propos, M. Jäncke cite le fait que des médicaments destinés à traiter la maladie d'Alzheimer ou la dépression sont aussi prescrits pour vaincre la peur des examens ou pour surmonter des situations de stress.

«Ce botox pour le cerveau risque d'éroder le caractère», redoute Bernard Baertschi, professeur de philosophie genevois, cité dans le communiqué de l'ASSM. «A l'avenir, il existera une pilule pour faire face à chaque défi». D'autres professeurs s'inquiètent aussi du peu d'importance accordée au dopage des enfants.

Selon l'ASSM, le sujet mérite des discussions approfondies. L'Union européenne s'est déjà penchée sur le problème à travers son projet «Enhance». Des recommandations ont été formulées à l'attention des politiciens.

(ats)

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