Egypte: La médiation internationale a échoué

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EgypteLa médiation internationale a échoué

Les efforts internationaux visant à sortir le pays de la crise politique ont échoué, a déclaré mercredi la présidence égyptienne. Elle a attribué la responsabilité de cet échec aux Frères musulmans.

Les Frères musulmans ont fait capoter les pourparlers, selon le pouvoir en place.

Les Frères musulmans ont fait capoter les pourparlers, selon le pouvoir en place.

Au terme de dix jours d'un ballet diplomatique qui a vu se succéder émissaires européens, américains, africains et arabes au Caire, le gouvernement installé par l'armée a brusquement mis un terme aux espoirs internationaux de trouver une solution politique négociée dans le pays où plus de 250 personnes ont déjà péri dans des affrontements entre pro-Morsi et forces de l'ordre ou anti-Morsi depuis fin juin.

Des affrontements entre pro et anti-Morsi ont à nouveau fait mardi soir un mort et 62 blessés à travers le pays, selon le ministère de la Santé.

Les autorités avaient déjà depuis quelques jours multiplié les menaces d'une dispersion par la force de deux sit-in au Caire de milliers de partisans des Frères musulmans, dont est issu M. Morsi.

La présidence pointe d'ailleurs directement du doigt la puissante confrérie, la rendant «responsable de l'échec des efforts internationaux», mais aussi, et surtout, «des conséquences à venir de leurs violations des lois et de leur mise en danger de la sécurité publique».

Il y a une semaine, le gouvernement avait donné son feu vert à la police pour mettre fin au «terrorisme» et à la «menace à la sécurité nationale» que représentent les sit-in de milliers de pro-Morsi sur les places Rabaa al-Adawiya et Nahda du Caire.

Le chef de la toute-puissante armée et nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, a ensuite insisté: "la police civile" --et "pas les militaires"-- "mettra un terme à ces sit-in et nettoiera ces places".

Alors que la presse quasi-unanime et une grande partie de la population voit dans cette dispersion un moyen de relancer la transition, pour le moment au point mort, les responsables multiplient les déclarations promettant le «moins de pertes possibles».

Face aux deux parties qui campent fermement sur leurs positions, les émissaires internationaux, dont la chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton et le secrétaire d'Etat américain adjoint William Burns, tentaient à la fois d'amener les autorités à la retenue et de convaincre les islamistes de se disperser.

Mercredi, M. Burns, qui avait prolongé de plusieurs jours sa visite surprise au Caire, a quitté le pays, ont indiqué à l'AFP des sources aéroportuaires sous couvert de l'anonymat. Le représentant de l'Union européenne Bernardino Leon était, lui, toujours au Caire à la mi-journée.

Le gouvernement exige la dispersion «rapide» des manifestants

Le gouvernement égyptien a demandé mercredi aux partisans du président islamiste déposé par l'armée Mohamed Morsi de se disperser «rapidement» sur les deux places du Caire qu'ils occupent, menaçant d'intervenir après le ramadan qui prend fin dans la soirée.

Le Premier ministre Hazem Beblawi, lisant un communiqué du gouvernement intérimaire mis en place par l'armée, a affirmé que la décision de disperser les manifestants était «sans retour» et assuré qu'elle n'avait pas eu lieu auparavant par «respect du mois sacré du ramadan».

Il a promis que ceux qui quitteraient les deux places pacifiquement et de leur propre chef ne seraient pas poursuivis et annoncé que des bus gratuits étaient à leur disposition pour ce faire. (ats/afp)

L'armée assure avoir tué 60 «terroristes» en un mois

L'armée égyptienne a annoncé mercredi avoir tué «60 terroristes» dans l'instable péninsule du Sinaï, où des combattants islamistes ont multiplié les attaques depuis la destitution début juillet du président Mohamed Morsi.

Dans une vidéo diffusée sur sa page Facebook officielle, l'armée ajoute que des dizaines d'autres «terroristes» ont été blessés dans des échanges de tirs avec les forces de l'ordre, qui ont perdu une trentaine d'hommes dans le Sinaï depuis le coup militaire du 3 juillet.

En outre, 103 personnes ont été arrêtées, poursuit l'armée, précisant que ces chiffres incluent les «pertes enregistrées par les terroristes du 5 juillet au 4 août 2013».

La région du Sinaï est majoritairement peuplée de bédouins, qui entretiennent depuis longtemps des relations difficiles avec le pouvoir central. Cette péninsule frontalière de la bande de Gaza et d'Israël connaît également de nombreux trafics, ainsi qu'un regain d'activité de groupes islamistes radicaux qui l'utilisent comme base pour des attaques contre l'État hébreu.

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