Actualisé 02.03.2016 à 21:14

Vernier (GE)«La menace était presque devenue un outil de travail»

Unia dénonce les conditions de vie des salariés d'une société déjà soupçonnée par la justice d'avoir arnaqué des clients. La directrice parle de campagne de diffamation.

de
Thomas Piffaretti
Blaise Ortega, secrétaire syndical (à g.), conseille Arnaud.

Blaise Ortega, secrétaire syndical (à g.), conseille Arnaud.

photo: Kein Anbieter/tpi

Ils naviguent entre stress et soulagement. Depuis lundi, quatorze employés d'une société active dans la pose de fenêtres ont décidé de ne plus travailler, sur les conseils d'Unia. Les griefs du syndicat contre leur direction sont nombreux: jusqu'à quatre mois de retard sur le versement des salaires, des cotisations sociales pas à jour ou un 13e salaire jamais versé. Sans parler des conditions de travail imposées par l'employeur.

«Les patrons appliquaient la politique de la terreur, en usant d'un mélange de mensonges et de chantage», témoigne une employée. «Ils nous ont aussi dit qu'ils savaient faire disparaître les personnes gênantes», enchaîne son collègue Arnaud*. «Les menaces étaient devenues un outil de travail», appuie Blaise Ortega, d'Unia. Le syndicat réclame aujourd'hui le paiement des sommes dues.

Contactée, la directrice de l'entreprise dément les accusations portées contre elle: «Certes, il a pu y avoir des retards dans le versement des salaires, mais c'est en cours de règlement.» Elle écarte les autres reproches et pense porter plainte pour diffamation.

Par ailleurs, la société incriminée a déjà récemment fait parler d'elle dans un dossier pénal révélé par la RTS. La police a interpellé l'un de ses cadres le 23 février. Il est soupçonné, entre autres, d'escroquerie et d'abus de confiance, pour s'être fait remettre des acomptes sans effectuer les travaux.

*Prénom d'emprunt

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