Actualisé

Oberland bernoisLa mère accusée d'infanticide acquittée

La femme jugée mercredi à Thoune (BE) n'a pas tué son enfant, a décidé la justice. Le corps avait été retrouvé en 2012 dans une décharge à Wimmis (BE).

Après avoir constaté la mort de son enfant, la maman a placé le corps dans une benne.

Après avoir constaté la mort de son enfant, la maman a placé le corps dans une benne.

Un juge unique du tribunal régional de Thoune a acquitté la mère, qui était accusée d'infanticide. Il l'a en revanche reconnue coupable d'atteinte à la paix des morts. La jeune femme, âgée aujourd'hui de 26 ans, a été condamnée sur ce point, car elle a déposé le cadavre du nouveau-né dans une benne à ordures environ quatre mois après sa naissance. C'est ainsi que le corps est arrivé dans la décharge de Wimmis.

Le juge a prononcé une peine avec sursis de 120 jours-amende à 60 francs par jour, soit 7200 francs. Le magistrat du tribunal régional de l'Oberland bernois a également ordonné une thérapie pour la mère, qui devra en outre être suivie par un agent de probation.

La procureure avait pour sa part requis une peine privative de liberté de deux ans ferme, suspendue au profit d'une thérapie ambulatoire. La défense avait demandé un acquittement complet.

La jeune femme s'est défendue d'avoir tué son nouveau-né. «Je ne l'ai assurément pas blessé intentionnellement», a-t-elle dit au président du tribunal. La Bernoise a accouché de l'enfant en automne 2011 dans la douche de son appartement à Wimmis (BE), a-t-elle expliqué. Soudain, elle a vu le nouveau-né au fond de la baignoire. Il ne criait pas.

Bébé prématuré

Pesant moins de 2 kg pour un tour de tête de 32 cm, le bébé était un prématuré. Ces dimensions correspondent à celles d'un foetus de 33 semaines, a précisé au procès un spécialiste des prématurés. Des enfants qui naissent à ce stade survivent actuellement, à condition qu'ils reçoivent les soins adéquats, a ajouté le médecin.

Après la naissance, la jeune mère a mis sa fille au lit et remarqué à ce moment que l'enfant respirait avec difficulté. Jamais toutefois elle n'a pensé que ce pourrait être mortel, a assuré l'accusée. Elle n'avait non plus aucune expérience avec des enfants. Fatiguée, elle s'est endormie un instant. A son réveil, le bébé ne respirait plus.

Quelques semaines auparavant, les parents de la jeune femme s'étaient séparés et elle a dû habiter avec son père du jour au lendemain, alors que pendant longtemps elle n'avait eu aucun contact avec lui. Elle s'était sentie dépassée par la situation, mais n'avait pas voulu déranger sa famille ou son ex-petit ami avec l'enfant.

Garder l'enfant près d'elle

Après le décès du nourrisson, elle raconte avoir enveloppé le corps dans un linge puis l'avoir mis dans un sac en plastique. Elle l'a ensuite déposé au grenier, car elle voulait encore garder l'enfant près d'elle.

Le corps du nouveau-né a finalement été découvert en février 2012 par un particulier dans une décharge à Wimmis parce que le père a décidé un jour de ranger le grenier. Entendant cela, la jeune femme est allée chercher le sac en plastique, sans savoir qu'en faire. Sortant de l'immeuble, elle a remarqué une benne et y a jeté le sac, a-t-elle expliqué aux juges. «Ca a été ma première réaction.»

Mort inexpliquée

Pour la procureure, la mère est responsable des blessures sur la tête du bébé. Les résultats de l'enquête policière dans la décharge où on avait retrouvé le corps infirment l'hypothèse que les fractures ont été faites là ou lors du transport des déchets, a-t-elle déclaré.

Ni la cause ni la manière dont la mort est survenue n'ont pu être déterminées par l'autopsie du bébé, a rétorqué une experte de l'institut de médecine légale de Berne. Les deux fractures du crâne observées sont certainement survenues lorsque la benne a été vidée dans la décharge. Pour l'experte, il n'a pas possible que ces lésions aient été causées par la pression de mains.

Lorsqu'on jette quelque chose dans une benne à ordures, on ne fait pas trop attention aux objets qui se trouvent à l'intérieur. Il est donc tout à fait possible que le corps de l'enfant ait été blessé lors du remplissage ou du vidage de la benne, a argumenté l'avocate de la défense.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!