Actualisé 27.05.2009 à 16:43

Affaire EliseLa mère russe remise à la justice française

La mère de la fillette franco-russe Elise, accusée d'avoir enlevé en mars son enfant, se trouve désormais entre les mains de la justice française.

Elle a été transférée mercredi vers Aix-en-Provence, dans le sud de la France, en provenance de Hongrie où elle était emprisonnée.

Irina Belenkaïa est arrivée mercredi matin à l'aéroport parisien de Roissy, avant de repartir pour le sud de la France où elle a été entendue par un juge au tribunal d'Aix-en-Provence. Celui-ci devait décider de son placement en détention ou sa remise en liberté.

L'avocat de la mère d'Elise, Me Grégoire Rincourt, a indiqué mercredi qu'il espérait une libération dans la soirée de sa cliente. «C'est le magistrat qui décidera, il va aborder les sujets de fond et prendre les mesures préliminaires pour assurer le suivi de son enquête», a indiqué l'avocat, souhaitant que sa cliente puisse voir sa fille jeudi.

Eviter un carnage familial

«Je suis dans l'attente comme tout le monde», a de son côté déclaré mercredi le père d'Elise, Jean-Michel André, à son arrivée au tribunal.

Son avocat, Me Victor Gioia, a déclaré à propos de la mère: «nous sommes deux adversaires a priori qui travaillons ensemble (...) afin d'éviter un carnage familial».

«Ce qui compte, c'est qu'Elise puisse revoir sa mère le plus rapidement possible et ce, dans un cadre sécurisé qui permette de véritables retrouvailles à la mesure de la rupture qui a été un déchirement», a-t-il ajouté.

Enlèvement violent

Mme Belenkaïa est accusée d'avoir enlevé Elise, sa fille de 3 ans, en France, puis d'avoir quitté illégalement le territoire français avec elle. Le 20 mars, en pleine rue, à Arles (sud-est), le père avait été violemment frappé par deux hommes alors qu'une femme - le père a dit reconnaître son ex-épouse - s'emparait de l'enfant.

Le parquet d'Aix-en-Provence avait ouvert une information judiciaire contre la mère pour «soustraction de mineur par ascendant» et «complicité de violences volontaires».

La mère avait été arrêtée le 12 avril en Hongrie en vertu d'un avis de recherche d'Interpol lorsqu'elle s'apprêtait à gagner l'Ukraine par la route avec sa fille, en direction de Moscou. Quelques jours plus tard, l'enfant avait pu regagner la France avec son père.

Enquêtes en France et en Russie

Les parents d'Elise, en instance de divorce, se disputent depuis deux ans la garde de l'enfant. Et si la mère est poursuivie en France, le père fait de son côté l'objet d'une enquête en Russie où il avait lui-même enlevé Elise pour la ramener en France en automne 2008.

La mère de la fillette avait signé début mai un projet d'accord à l'amiable destiné à régler le conflit autour de la garde de sa fille. Ce texte a été négocié entre les avocats des parents et un médiateur.

En attente du projet d'accord, le père avait affirmé le 7 mai qu'un «simple contrat à l'amiable n'offrait aucune garantie» sur la garde de l'enfant en estimant qu'il fallait trouver une «solution générale pour tous les enfants» franco-russes dont les parents se séparent.

Une dizaine de militants du parti ultranationaliste russe LDPR ont protesté mercredi devant l'ambassade de Hongrie à Moscou contre la livraison d'Irina Belenkaïa à la justice française. (ats)

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