Synthèse – La méthode douce du Conseil fédéral contre la montée des cas
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SynthèseLa méthode douce du Conseil fédéral contre la montée des cas

Extension du certificat à l’intérieur, port du masque, télétravail, 3e dose et tests dans les écoles. En réponse à la situation épidémiologique, le Conseil fédéral a annoncé des mesures relativement souples jusqu’au 24 janvier.

par
Eric Felley

Le président de la Confédération, Guy Parmelin, et le chef de la Santé, Alain Berset, ont présenté les mesures retenues après une réunion extraordinaire du Conseil fédéral ce mardi. Celui-ci se devait de réagir à l’augmentation constante des cas Covid-19 depuis plusieurs semaines et à l’apparition sur la scène internationale du variant Omicron jeudi dernier. «On fait de la real politik», a précisé Guy Parmelin, répondant à une question sur la coïncidence de cette réunion extraordinaire du Conseil fédéral, une fois la votation passée sur la loi Covid-19.

(Retrouvez le suivi minute par minute de la conférence de presse).

Le risque d’une pandémie sur deux fronts

Comme l’a rappelé Alain Berset, l’apparition du variant Omicron a demandé une réaction immédiate et importante de l’Administration fédérale, notamment pour bloquer les avions venant d’Afrique australe. Dans son communiqué, le Conseil fédéral constate: «La circulation actuellement très élevée du virus Delta, et parallèlement à l’émergence du nouveau variant, pourrait s’avérer problématique pour la Suisse».

Pour le président de la Confédération, Guy Parmelin, faire la troisième dose est devenu un objectif à court terme pour combattre la pandémie.

Pour le président de la Confédération, Guy Parmelin, faire la troisième dose est devenu un objectif à court terme pour combattre la pandémie.

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Jusqu’au 24 janvier

C’est pourquoi il met en consultation le renforcement de mesures dont l’application devrait durer jusqu’au 24 janvier 2022. Alain Berset a précisé qu’il s’agissait de mesures «bien moins fortes que celles de l’année passée». Sans faire allusion à l’Autriche, il s’est réjoui aussi de ne pas avoir à prendre des mesures comme nos voisins. Enfin il a souhaité «Un hiver sans fermeture et sans surcharge hospitalière» pour la Suisse.

Guy Parmelin a rappelé que la solution dépend de nous tous, les gestes barrière, l’aération des locaux, le port du masque et le respect des distances, y compris pour les personnes vaccinées. Pour lui c’est la vaccination qui reste l’élément essentiel pour lutter contre la surcharge des hôpitaux. Il plaide donc pour une troisième dose la plus rapide possible, car la protection contre la transmissibilité du virus a tendance à diminuer en particulier chez les plus de 65 ans.

La surcharge hospitalière pas exclue

Le Conseil fédéral constate que «Les nouvelles infections et, avec un certain décalage, les hospitalisations et l’occupation des unités de soins intensifs augmentent fortement». Actuellement 25% des soins intensifs sont occupés par quelque 230 patients Covid, une proportion qui ne cesse d’augmenter. «Si cette évolution se poursuit au rythme des dernières semaines, une surcharge des unités de soins intensifs dans toute la Suisse ne peut être exclue», avertit le Conseil fédéral.

Omicron: on en saura plus dans six semaines

Autre préoccupation, le nouveau variant fait planer un doute sur le degré de couverture des vaccins actuels: «Il n’y a pas de raison de paniquer», a précisé Alain Berset. «Mais le risque existe que les vaccins actuels soient moins efficaces et qu’une précédente infection par le SARS-CoV-2 protège moins contre une nouvelle infection, note le Conseil fédéral. On ignore encore dans quelle mesure le vaccin protège contre les formes graves de la maladie et quelle est la dangerosité du nouveau variant. Des données fiables devraient être disponibles dans environ six semaines».

La fin des restrictions de capacité

Par contre le Conseil fédéral renonce à appliquer de nouvelles restrictions de capacité, malgré lui. Après la Semaine de la vaccination, il estime que la population adulte souhaitant être vaccinée a reçu une dose suffisante de vaccin, conformément à la loi Covid-19. «Compte tenu de cette disposition, le Conseil fédéral n’a plus la possibilité, du point de vue épidémiologique, d’imposer des restrictions de capacité, notamment dans les espaces intérieurs», écrit-il. Ainsi dans les universités, les lieux de culte ou autres, ces restrictions sont levées, un peu à contrecœur du point de vue épidémiologique.

Le Conseil fédéral propose…

  • D’imposer le certificat Covid pour les rencontres privées en famille et entre amis se tenant à l’intérieur et réunissant onze personnes ou plus.

  • D’imposer le certificat pour les événements en plein air dès 300 personnes (contre 1000 actuellement).

  • D’étendre le certificat à toutes les manifestations accessibles au public et à toutes les activités sportives et culturelles d’amateurs qui se déroulent à l’intérieur. L’exception aujourd’hui en vigueur pour les groupes fixes jusqu’à 30 personnes serait ainsi supprimée.

  • D’imposer le port du masque dans tous les espaces intérieurs des établissements et installations accessibles au public où le certificat Covid est obligatoire, y compris lors des événements se déroulant à l’intérieur et exigeant la présentation d’un certificat.

  • D’appliquer des mesures de substitution dans les établissements où le port du masque n’est pas possible dans les manifestations ou les discothèques.

  • De limiter les contacts sur le lieu de travail et réduire le volume de passagers dans les transports publics selon trois variantes 1. Le port du masque obligatoire pour tous les collaborateurs se trouvant dans des espaces fermés et partagés. 2. L’obligation de travailler à domicile pour les collaborateurs qui ne sont ni vaccinés ni guéris. Si ces personnes ne peuvent pas travailler depuis chez elles, elles devront porter un masque dans les espaces partagés. 3. Une obligation généralisée du travail à domicile.

  • D’imposer à toutes les écoles des niveaux obligatoire et secondaire II d’effectuer des tests répétés.

  • D’adapter l’ordonnance Covid-19 certificats pour réduire la durée de validité des tests PCR de 72 à 48 heures, et celle des tests rapides antigéniques de 48 à 24 heures.

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