Budget européen: La «mission impossible» de David Cameron
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Budget européenLa «mission impossible» de David Cameron

Le gouvernement britannique pourrait exiger une réduction du budget de l'UE. Cette mission a priori impossible risque d'isoler le pays, d'affaiblir David Cameron et d'encourager la fuite en avant eurosceptique.

«Un accord reste possible, mais les négociations s'annoncent stimulantes», a déclaré un porte-parole du Premier ministre. Le ministre des Finances conservateur George Osborne et le vice-premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg ont exprimé le désarroi de la coalition au pouvoir.

Le texte des conservateurs eurosceptiques soutenus par l'opposition travailliste rejette la position de Cameron, qui lui vaut d'être marginalisé à Bruxelles. Elle consiste à menacer de veto tout budget communautaire 2014-2020 qui prévoirait des augmentations supérieures à l'inflation.

Les députés pressent le Premier ministre de durcir le ton en exigeant des coupes à Bruxelles, à l'aune de celles infligées à Londres dans le cadre du budget national, au nom de l'austérité. Le vote de mercredi était consultatif mais il s'annonce de facto politiquement contraignant pour le Premier ministre.

«Nous devons écouter ce qu'a dit la Chambre des Communes hier soir (...). Je veux des coupes dans le budget de l'UE, David Cameron veut des coupes dans le budget de l'UE», a assuré M. Osborne sur la BBC. Tout en relevant que le compromis gouvernemental d'un gel semblait «acceptable».

Dans la foulée, Osborne a mis en garde les eurosceptiques contre toute surenchère. En l'absence de budget pluriannuel, l'UE fonctionnerait sur un budget annuel, selon toute vraisemblance plus dispendieux.

Le «looser européen»

Le très europhile Nick Clegg a été plus net, en invitant au «pragmatisme de préférence au dogmatisme». «Il n'y a absolument aucun espoir» d'obtenir une réduction du budget, «faute de disposer d'une baguette magique», a-t-il martelé dans un discours particulièrement critique envers les travaillistes «hypocrites» et «malhonnêtes».

En attendant, les médias de tous bords -à commencer par les tabloïdes faiseurs d'opinion- décortiquent «l'échec historique» (Daily Express), «l'humiliation» (le Times), ou encore «l'horrible nuit d'Halloween» (The Sun) de David Cameron, «le looser européen» (Daily Mirror).

Des commentateurs évoquent désormais le spectre d'un retour aux déchirements fratricides sur l'Europe, responsables de la chute des gouvernements conservateurs de Margaret Thatcher et de John Major dans les années 80-90.

(ats)

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