Actualisé 08.02.2015 à 08:39

Fin du taux plancher

La Mobilière «confrontée à un énorme défi»

L'abandon du taux plancher et l'introduction de taux négatifs par la Banque nationale suisse (BNS) vont mettre à rude épreuve La Mobilière, prévoit son patron Markus Hongler.

Le groupe coopératif bernois est «confronté à un énorme défi», martèle son directeur dans «Le Matin Dimanche». «Si la Suisse va bien, La Mobilière va bien. Si la Suisse souffre, La Mobilière souffre», affirme Markus Hongler. Et «si les PME sont affectées» par le taux de change, «nous allons naturellement être concernés», souligne le Lucernois.

Mais il ne s'agit pas là de la plus grande menace: les taux négatifs toucheront davantage l'assureur. «Nous avons un bilan à 17 milliards. Autrefois, nous avions un taux de rentabilité sur les obligations de la Confédération de 2 ou 3%, aujourd'hui nous avons un minus de 0,75%», explique le patron de La Mobilère.

Pour contrer l'attrait du franc après l'abolition du taux plancher, la BNS a abaissé d'un demi-point à -0,75% le taux d'intérêt appliqué aux avoirs en comptes de virement dépassant un certain montant exonéré. La mesure, entrée en vigueur le 22 janvier, signifie qu'il faudra payer désormais un intérêt négatif sur l'argent déposé auprès de la BNS.

«Si vous n'avez plus d'intérêt, vous devez trouver de nouvelles sources de revenus», poursuit Markus Hongler. La Mobilière a développé de nouvelles classes d'investissements ces dernières années, privilégiant l'immobilier, avec entre autres le lancement d'un fonds d'investissement dans ce domaine, fait-il savoir. «Cette classe d'actifs devient de plus en plus importante.»

Le directeur de l'assureur bernois s'exprime par ailleurs sur la rénovation du siège romand, à Nyon (VD). «Cela nous permettra d'augmenter le nombre de places de travail de 380 à 450», annonce-t-il.

160 millions à disposition

Concernant la vente de la participation dans la Nationale Suisse à Helvetia, Markus Hongler explique que le prix de 80 francs par action payé par Helvetia n'était pas adéquat pour la Mobilière. «Ce rachat aurait représenté sept à huit ans de production. Nous avons préféré vendre».

De plus, les 160 millions reçus lors de cette opération, «seront utilisés pour renforcer notre structure et financer notre propre croissance», note le directeur général. Ce dernier ne «dit jamais non» à des rachats mais «la Suisse est déjà hautement concentrée. Je ne vois pas de possibilités «pour l'heure. (ats)

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