Arc lémanique: La mode du vélo entraîne une pénurie de mécanos
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Arc lémaniqueLa mode du vélo entraîne une pénurie de mécanos

Le manque de réparateurs qualifiés peut constituer un risque pour la sécurité des usagers, s'inquiètent des professionnels.

par
Maria Pineiro
Le nombre de mécaniciens qualifiés ne suit pas la courbe de l'ouverture de magasins.

Le nombre de mécaniciens qualifiés ne suit pas la courbe de l'ouverture de magasins.

Istock

«Des mécaniciens vélo, j'en connais beaucoup et aucun n'est au chômage!» rigole Adrien Sabatier, responsable du groupe Ciclissimo. Depuis quelques années, la petite reine a la cote. A tel point que les magasins spécialisés ont poussé comme des champignons sur l'arc lémanique (lire ci-dessous). A titre d'exemple, le groupe du jeune responsable a ouvert huit points de vente en Suisse romande en deux ans et demi.

A ce rythme, la pénurie de personnel qualifié se profile. «Le milieu a changé, aujourd'hui, ce sont des financiers qui investissent dans des chaînes, plus forcément des passionnés, explique Joël Vellas, président de l'association 2Roues Genève, regroupant les indépendants. Sans vendeurs et mécaniciens compétents, on conseille mal les clients et on leur fait courir un risque en termes de sécurité.»

Une hausse de CFC insuffisante

Entre Genève et Vaud, une vingtaine de CFC sont délivrés par année pour autant de points de vente ouverts. «Le nombre d'apprentis augmente peu à peu, mais pas assez», se désole Michel Bornet de 2Roues Vaud. «Trouver un réparateur qualifié est compliqué», confirme Tristan Cerf pour Migros alors qu'Adrien Sabatier explique avoir réussi à engager «grâce aux bonnes conditions que nous offrons».

2Roues en appelle à la responsabilité de tous, notamment des nouveaux acteurs pour assurer la formation. «Nous les invitons à nous rejoindre au sein de l'association afin de nous organiser ensemble.»

Les ebikes tirent les ventes vers le haut

En Suisse, il s'est écoulé quelque 345000 bicyclettes l'année passée. En 2018, près d'un cycle vendu sur trois était un vélo à assistance électrique. «Pour survivre aujourd'hui, il faut absolument proposer de l'électrique», illustre Joël Vellas. Cette bonne santé du milieu se reflète dans le nombre de magasins qui ouvrent. En 2015, quatre nouvelles entreprises avaient pour raison sociale le vélo entre Genève et Vaud. L'année dernière, elles étaient une vingtaine à s'enregistrer.

Avantage au client

«On assiste à une mutation. Avant, le marché se partageait entre les très grands, comme Migros, et de petits indépendants, généralement d'anciens cyclistes passionnés, analyse Joël Vellas. Aujourd'hui, se sont principalement des chaînes telles que Véloland ou Ciclissimo qui s'implantent en Suisse romande. Quelques enseignes historiques se dédoublent également. Pour le client, l'avantage de ce boum est le choix plus important des modèles et des prix plus resserrés.

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