Cinquième vague en Suisse – La mortalité à l’hôpital augmente plus tôt que prévu
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Cinquième vague en SuisseLa mortalité à l’hôpital augmente plus tôt que prévu

Une étude de l’ex-président de la Taskforce Covid estime à partir de quel moment la qualité du traitement des patients Covid diminue. Son constat n’est pas de bon augure pour la cinquième vague.

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A partir de 70% de taux d’occupation, les services de soins intensifs peuvent devenir saturés.

A partir de 70% de taux d’occupation, les services de soins intensifs peuvent devenir saturés.

20min/Marvin Ancian

Une nouvelle étude scientifique, relayée par le «Tages-Anzeiger», met en lumière de nouvelles données sur le front de la pandémie en Suisse. Elle montre à partir de quel taux d’occupation des unités de soins intensifs la mortalité des patients Covid augmente à l’hôpital. Et contrairement à ce que l’on pensait jusqu’à présent, ce seuil critique se situe à une valeur relativement basse.

En effet, les données, calculées lors de la deuxième vague, montrent qu’à partir d’un taux d’occupation de 70% déjà, la mortalité des patients atteints par le Covid-19 augmente à l’hôpital.

Plus de cent décès auraient pu être évités

L’étude a été réalisée par l’équipe de l’ancien président de la Taskforce Matthias Egger. Le seuil de 70% se réfère à tous les lits disponibles dans les unités de soins intensifs, qui sont respectivement en service.

Si l’on se réfère aux lits certifiés, le taux d’occupation critique est d’environ 85%. Les scientifiques réunis autour du professeur d’épidémiologie ont calculé que, rien que pour la deuxième vague, on estime que 130 décès auraient pu être évités dans les hôpitaux si le taux d’occupation était toujours resté en dessous du seuil critique.

Cela correspondrait, pour cette période, à environ 5% de tous les décès causés par le coronavirus dans les hôpitaux. Toutefois, le facteur d’incertitude est élevé dans ce calcul: la fourchette oscille entre 30 et 240 décès potentiellement évitables. L’étude se base sur les données d’environ 23’000 patients Covid, hospitalisés lors de la première et de la deuxième vague.

Services sous stress

Pour les scientifiques, il est clair que les raisons de la mortalité accrue se trouvent dans le traitement à l’hôpital. Concrètement, plus le taux d’occupation est élevé, plus la situation de pénurie de personnel a des répercussions graves sur la qualité des soins. Les scientifiques appellent cela la «pression opérationnelle.»

Les résultats ne peuvent pas être appliqués tels quels à la vague actuelle. Néanmoins, on peut supposer que de nombreuses unités de soins intensifs du pays se trouvent désormais au-dessus de ce seuil critique, comme c’est le cas à Zurich. Et que, par conséquent, des patients qui auraient probablement survécu avec des taux d’occupation plus faibles, meurent également.

(jbm)

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