13.01.2019 à 21:56

Genève

«La mosquée a hérité de bombes à retardement»

Les deux Suisses arrêtés au Maroc sont passés par la mosquée de Genève. Celle-ci a changé de direction depuis, mais n'est pas à l'abri de son passé.

de
Maria Pineiro
C'est à la mosquée du Petit-Saconnex que les deux Genevois se sont rencontrés.

C'est à la mosquée du Petit-Saconnex que les deux Genevois se sont rencontrés.

Keystone/Salvatore di Nolfi

L'enquête sur le double meurtre de touristes scandinaves au Maroc a mené à l'arrestation de deux Genevois établis au Maghreb. Samedi, la «Tribune de Genève» révélait que l'un d'eux était fiché S et que les deux hommes se sont rencontrés à la mosquée du Petit-Saconnex.

Depuis mars 2018, le lieu a une nouvelle direction. Avant, la mosquée a connu des années troublées. Ainsi, plusieurs «fichés S» ont officié comme imams ou dans la sécurité. C'est dans ce contexte qu'un groupe de jeunes, dont en tout cas un des interpellés, s'était peu à peu radicalisé.

«Promotion d'un Islam modéré et ouvert»

«Il y a eu de grandes défaillances, un manque total de surveillance qui a permis à certains de se réunir loin des regards», synthétise Hasni Abidi, spécialiste du monde arabe. Une situation qui n'est plus d'actualité: «Il y a désormais un début de sérénité. La mosquée a promis un changement qui doit passer par la promotion d'un islam ouvert et modéré. C'est sa dernière chance», poursuit-il.

Pour autant, «la nouvelle équipe hérite de bombes à retardement dont on ne sait rien», analyse Hafid Ouardiri. Le directeur de la Fondation de l'entre-­connaissance, qui a des contacts avec les responsables de la mosquée, estime que «le travail à accomplir est énorme», mais il assure que la nouvelle équipe est engagée dans la voie de la «transparence absolue»

Double meurtre

Mi-décembre, dans le sud du Maroc, deux touristes scandinaves ont été décapitées dans une région fréquentée par les adeptes de la randonnée. Depuis, les autorités marocaines ont arrêté plus d'une vingtaine de personnes, dont les deux

Genevois. Ces derniers ne sont pas directement liés à l'assassinat, mais sont soupçonnés d'en connaître les auteurs, d'après un média local. Les principaux suspects appartenaient à une cellule inspirée par l'idéologie de Daech, sans être en lien.

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