Suisse: La moto, grande gagnante de la crise et des nouveaux permis
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SuisseLa moto, grande gagnante de la crise et des nouveaux permis

Avec la réticence à utiliser les transports publics, le deux-roues est à nouveau considéré comme un véhicule utilitaire, et non plus exclusivement un objet de loisir.

Depuis le mois de janvier, plus de 47’000 deux-roues motorisées ont été immatriculés en Suisse, soit 16,7% de mieux que sur les onze premiers mois de 2019.

Depuis le mois de janvier, plus de 47’000 deux-roues motorisées ont été immatriculés en Suisse, soit 16,7% de mieux que sur les onze premiers mois de 2019.

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Alors que le marché automobile se remet péniblement de l’effondrement des ventes occasionné par le confinement printanier, la branche des deux-roues en Suisse a connu un redressement fulgurant à la faveur de l’assouplissement des mesures en Suisse, mais aussi des restrictions imposées aux voyages internationaux.

«Avec le chômage partiel et les difficultés pour voyager à l’étranger, une partie de la population qui s’est retrouvée d’un coup avec plus de temps et de moyens a découvert ou redécouvert les joies de la balade à moto», a indiqué à AWP un porte-parole de l’association des importateurs Motosuisse.

Depuis le mois de janvier, plus de 47’000 deux-roues motorisés ont été immatriculés, soit 16,7% de mieux que sur les onze premiers mois de 2019. Dans le segment des motos, les ventes ont bondi de plus de 20% et flirtent avec les 30’000 unités, alors que le marché des scooters, qui a connu une lente érosion ces dernières années, a repris le chemin de la croissance (+10,7%).

Examens annulés

L’envolée des ventes de motos était en partie attendue en raison d’un effet réglementaire, lié à la suppression prévue début 2021 de la disposition connue comme «accès direct», à savoir, la possibilité pour les conducteurs de moins de 25 ans de passer directement à un véhicule de grosse cylindrée.

«En 2021, le marché bénéficiera encore des plus de 25 ans ayant demandé un permis d’élève conducteur pour l’accès direct avant fin décembre 2020, mais qui n’achèteront pas leur engin avant le printemps prochain», a précisé le responsable de la faîtière. En effet, un grand nombre d’examens de conduite n’ont pas pu avoir lieu cette année en raison des mesures anti-Covid.

Un autre effet de la crise sanitaire est lié à la réticence à utiliser les transports publics, «qui contribue à considérer le deux-roues à nouveau comme un véhicule utilitaire, et plus exclusivement un objet de loisir» et a renforcé l’acceptation générale de ce mode de transport auprès du public.

Electrification poussive

Mais alors que la chute du marché des voitures de tourisme a été atténuée par l’engouement du public pour les modèles à propulsion alternative, celui de la moto reste solidement attaché aux moteurs traditionnels.

«Les constructeurs n’ont rien contre les propulsions électriques, mais les batteries actuelles ne sont pas suffisamment performantes ou trop lourdes et encombrantes pour remplacer les moteurs à essence», fait valoir le porte-parole de Motosuisse.

La situation est différente pour les scooters, dont les modèles électriques ont été plébiscités (+22,5%). Sur un an, leur part de marché est passée de 6,6% à 7,3%. Une tendance qui est appelée à se poursuivre, selon la faîtière, qui estime que d’ici une dizaine d’années, les nouveaux scooters de petite cylindrée seront presque tous électriques.

(ATS/NXP)

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