La mousson menace plus d'un million d'habitants
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La mousson menace plus d'un million d'habitants

Alors que l'aide internationale se mobilise pour la Birmanie, plus d'un million d'habitants touchés par le cyclone Sidr de novembre 2007 au Bangladesh n'ont toujours pas retrouvé de toit.

A l'approche de la mousson, la Suisse a distribué près de 700 000 francs en cash à 3000 familles.

Avec la saison des pluies qui vient de débuter, le Bangladesh n'est pas à l'abri d'une nouvelle catastrophe. Quelque 286 000 familles très vulnérables seraient toujours en urgent besoin d'habitat dans le sud du pays, d'après le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

La situation inquiète les organisations actives sur le terrain avant les quatre mois de mousson prévus. «Le risque que la population soit à nouveau affectée est très important, surtout pour les enfants et les plus vieux», avertit Nick Southern, directeur de l'ONG Care Bangladesh.

Habitations précaires

Dans le district de Bagherat, à 150 km au sud de la capitale Dacca, les conséquences du cyclone Sidr sont encore visibles, sept mois après la terrible nuit du 15 novembre 2007. La majorité des habitations côtières sont très précaires. En guise de toits, quelques tôles endommagées, des bâches et de la paille...

«Nous avons déjà reconstruit notre maison plusieurs fois. Mais chaque tempête détruit le tout à nouveau.» Installé à quelques mètres du bord de mer, Mohamed, 38 ans, fixe un semblant de charpente avec de la corde, aidé par son épouse. Le couple a perdu son plus jeune fils âgé de trois ans, mort noyé durant le cyclone.

«Le gouvernement nous a accordé 5000 thaka (75 francs suisses). Mais l'argent a à peine suffi pour refaire les fondations», se lamente pour sa part Aleya Begum, mère de trois enfants.

A ses côtés, une vingtaine de villageois approuvent. Ceux qui ont tout perdu sont contraints de s'entasser par familles entières sur quelques mètres carrés pour se protéger des violentes intempéries.

Manque de volonté

Tout indique qu'une coordination déficiente des secours couplée à un manque de volonté est à l'origine du drame qui se joue. Les humanitaires accusent tant les agences onusiennes présentes en masse au Bangladesh que les autorités du pays, qui ont freiné la construction d'abris provisoires à large échelle durant le printemps.

«La discussion sur quel modèle de construction privilégier a duré six mois !», s'indigne Nick Southern de Care Bangladesh. «La plupart des donateurs voulaient des maisons 'permanentes', plus solides, mais plus compliquées à édifier aussi.» Résultat: moins de 500 d'entre elles ont vu le jour avant le début de la mousson. A quoi s'ajoutent quelques dizaines de milliers d'abris plus modestes, tout au plus.

Une vache grâce à la DDC

La Direction du développement et la coopération (DDC) a pour sa part dépensé quatre millions de francs en assistance humanitaire suite au cyclone Sidr. Après avoir proposé sans succès aux autorités locales de reconstruire des abris, la DDC a récemment choisi de distribuer une aide en cash à 3000 familles touchées par le cyclone.

De fin mai à début juin, autant d'enveloppes contenant chacune 15 000 taka (230 francs) ont été remises de main à main. L'argent doit permettre aux bénéficiaires de retrouver une activité économique. «Beaucoup sont venus nous montrer la vache ou le tracteur qu'ils ont immédiatement acheté. C'est exactement ce que nous voulions», se réjouit Tom Meyer, chef de projet à la DDC.

En février dernier, la section Aide humanitaire de la DDC a ouvert un bureau permanent au sud-ouest du Bangladesh pour coordonner ses programmes. D'ici à fin 2009, ceux-ci formeront les habitants à mieux anticiper les dégâts causés par les cyclones. (ats)

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