Actualisé 30.09.2011 à 13:50

MétissageLa musique brésilienne a un nouveau visage

Samba, hip hop, techno, Rock. Toutes ces notions ont fusionné au Brésil. Reportage endiablé en marge du festival Rock in Rio.

La chanteuse brésilienne Pitty en concert jeudi 29 septembre au festival Rock in Rio.

La chanteuse brésilienne Pitty en concert jeudi 29 septembre au festival Rock in Rio.

La nouvelle musique brésilienne, un mélange de musique populaire, samba, techno, hip hop et surtout de rock, se taille une belle place dans le méga festival «Rock in Rio» qui se tient à Rio et aura réuni 700.000 spectateurs de toutes générations d'ici dimanche.

Tulipa Ruiz, Karina Buhr, Marcelo Jeneci, Emicida et Tiê sont quelques uns des artistes qui remportent un vif succès dans le paysage musical alternatif brésilien, auprès du public et dans la presse spécialisée. A Rock in Rio, ils se présentent en marge de la scène principale réservée aux stars américaines et européennes, de Coldplay ou Elton John à Stevie Wonder ou Red Hot Chili Peppers.

Les musiciens de la nouvelle génération mélangent des influences diverses comme la Musique populaire brésilienne (MPB) - née à la fin des années 60 avec la deuxième génération de la Bossa Nova - et le rock, et produisent un son «léger» et en même temps moderne et urbain, a expliqué à l'AFP l'accordéoniste, pianiste et chanteur Marcelo Jeneci.

«Le plus important est l'adaptation parfaite de la mélodie aux paroles, indépendamment du style ou du genre», souligne l'artiste de 29 ans à propos de son disque intitulé «Feito para acabar» (Fait pour finir), de 2010. Pour Jeneci, le paysage musical brésilien est en train de changer avec internet qui a ouvert de la place à ceux «qui ont quelque chose à dire et de façon plus pure».

Le plus grand festival musical du monde

Rock in Rio, le plus grand festival de musique du monde, est aussi l'occacion de jouer pour un public plus vaste, a confié à l'AFP Tulipa Ruiz, une autre chanteuse révélation qui a reçu des éloges pour son album «Efimera» (Ephémère) de 2010, qu'elle définit comme essentiellement «pop». De fait, en partageant la scène avec les musiciens consacrés du groupe «Naçao Zumbi», précurseur du Mangue Beat -un mouvement musical et culturel apparu dans la ville de Recife au nord-est du Brésil au début des années 1990-, Tulipa devait conquérir encore plus de fans.

«Il est très bon que ce festival attire de nouveaux chanteurs», se réjouit l'un des spectateurs, Daniel Terra, un publicitaire de Sao Paulo, de 27 ans.Rock in Rio favorise également l'interaction entre les musiciens latino-américains comme dans le cas de la Brésilienne Tiê et de l'Uruguayen Jorge Drexler. Celui-ci a participé au dernier album de la chanteuse intitulé «A coruja e o coraçao» (La chouette et le coeur) un disque qu'elle définit comme «folk» avec des influences qui vont des Beatles à Johnny Cash.

«Je ne connaissais pas Drexler personnellement mais nous avons décidé de jouer ensemble parce que nous avons une identité musicale assez similaire», a expliqué Tiê en soulignant la «douceur» que l'Uruguayen imprime à ses chansons. Vêtue de pantalons à paillettes et jouant des percussions, la chanteuse du Pernambouc, Karina Buhr devait interpréter des chansons de Marcelo Yuka, un des fondateurs du fameux groupe Rappa. Considéré comme l'un des plus engagés de son temps, Yuka est devenu paraplégique après avoir été blessé par balles lors d'une attaque à Rio en 2001, ce qui a interrompu sa carrière de batteur mais pas de compositeur.

Le disque de Karina «Eu menti para você» (Je t'ai menti) mêle des sons de la musique populaire du Pernambouc (est du Brésil) à de la techno. La traditionnelle samba sera aussi présente au festival de rock avec Monobloco, un groupe surgi en 2000 et qui a remis le carnaval de rue au goût du jour avec ses marches de carnaval et ses sambas entraînantes. Rock in Rio réunira également pour la première fois le rappeur Emicida qui apporte un peu de lyrisme au rap et le chanteur de samba consacré Martinho da Vila.

(afp)

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