30.07.2020 à 05:08

États-Unis

La Nasa lance jeudi son rover chasseur de vie vers Mars

Le robot Perseverance doit découvrir les traces des anciens microbes qui grouillaient sur la planète rouge. Le lancement de la fusée est prévu à 13h50 en Suisse.

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Le lancement par une fusée Atlas V de United Launch Alliance est prévu à 07H50 (11H50 GMT) à Cap Canaveral.

Le lancement par une fusée Atlas V de United Launch Alliance est prévu à 07H50 (11H50 GMT) à Cap Canaveral.

KEYSTONE
S'il arrive intact, le 18 février 2021, Perseverance sera seulement le cinquième rover à réussir le voyage depuis 1997. Tous sont Américains.

S'il arrive intact, le 18 février 2021, Perseverance sera seulement le cinquième rover à réussir le voyage depuis 1997. Tous sont Américains.

AFP
Le nouveau rover est une version améliorée de Curiosity: ses six roues sont plus robustes, il est plus rapide, plus intelligent et peut s’auto-piloter sur 200 mètres par jour.

Le nouveau rover est une version améliorée de Curiosity: ses six roues sont plus robustes, il est plus rapide, plus intelligent et peut s’auto-piloter sur 200 mètres par jour.

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La Nasa lance jeudi vers Mars son robot mobile Perseverance, conçu pour découvrir les traces des anciens microbes qui grouillaient peut-être sur la planète il y a trois milliards d’années. Le rover emporte aussi un mini-hélicoptère qui tentera le premier vol d’un appareil sur une autre planète.

Le lancement par une fusée Atlas V de United Launch Alliance est prévu à 07H50 (11H50 GMT, 13h50 en Suisse) de Cap Canaveral en Floride. S'il arrive intact, le 18 février 2021, Perseverance sera seulement le cinquième rover à réussir le voyage depuis 1997. Tous sont Américains.

La Chine a lancé son premier rover martien la semaine dernière, qui devrait atterrir en mai 2021. Mars pourrait donc avoir trois rovers en activité l’an prochain, avec l’Américain Curiosity, qui a parcouru 23 km sur la planète rouge depuis 2012.

«Cela ne fait aucun doute, c’est un défi», a dit mercredi Jim Bridenstine, le chef de la Nasa, à propos de cette mission. «Il n’y a pas d’autre manière de le dire, ce n’est pas facile. Et c’est très risqué du point de vue des chances de réussite. Cela dit, nous savons comment nous poser sur Mars, nous l’avons déjà fait huit fois».

1 tonne, 19 caméras et 2 micros

Le nouveau rover, construit au mythique Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena en Californie, est une version améliorée de Curiosity: ses six roues sont plus robustes, il est plus rapide, plus intelligent et peut s’auto-piloter sur 200 mètres par jour.

Grand comme un 4x4 (trois mètres de long), il pèse une tonne, dispose de 19 caméras et deux micros, qui pourraient être les premiers à enregistrer du son martien. Son bras robotique mesure deux mètres. Un générateur au plutonium rechargera ses batteries.

Au centre du rover Perseverance se trouve l’instrument français «SuperCam» – l’oeil du robot – qui a été fabriqué à Toulouse par le CNES, a rappelé Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d’études spatiales. Il s’agit d’une caméra qui va «tirer au laser sur les roches martiennes pour comprendre la nature du sol de Mars et chercher le Graal des astronomes, c’est-à-dire savoir s'il y a eu une vie passée» sur la planète.

Un hélicoptère à bord

Une fois à bon port, la Nasa tentera de faire s’envoler l’hélicoptère Ingenuity, 1,8 kg, dans l’air très fin de Mars, dense comme 1% de l’atmosphère terrestre. Le but est de prouver la faisabilité du concept.

La Nasa est très intéressée par l’exploration planétaire par les airs, car les rovers ne peuvent parcourir que quelques dizaines de kilomètres dans leur vie, et sont vulnérables aux dunes de sables et autres reliefs, même si Perseverance pourra monter des obstacles hauts de 40 cm. Un premier drone volant (Dragonfly) sera envoyé en 2026 sur Titan, la plus grande lune de Saturne.

Traces de vie

La mission principale de Perseverance sera de chercher des traces de vie passée sur Mars, car les scientifiques pensent avoir de bonnes preuves qu’il y a plus de trois milliards d’années, la planète était plus chaude et couverte de rivières et de lacs, des ingrédients qui ont fait naître, au moins sur Terre, des microbes… Avant que la planète rouge ne devienne froide et sèche, pour une raison qui échappe encore aux planétologues.

Autre première: Perseverance prélèvera une trentaine d’échantillons de roches dans des tubes, qu’une future mission américano-européenne récupérera pour qu’ils soient rapportés sur Terre, au plus tôt en 2031.

La preuve indiscutable de vie passée sur Mars ne sera très probablement pas confirmée, si elle existe, avant l’analyse de ces échantillons la décennie prochaine, a dit mardi Thomas Zurbuchen, chef scientifique de la Nasa.

Géologie incroyablement complexe

«Nous cherchons vraisemblablement une forme de vie très primitive, pas des formes avancées comme des ossements ou des fossiles de fougères», a expliqué Ken Farley, scientifique du projet à l’université Caltech.

La Nasa a choisi d’atterrir dans le cratère de Jezero, vieux de 3,8 milliards d’années, et plus précisément dans ce qui ressemble fortement à un ancien delta. Les deltas se forment quand des rivières déposent des sédiments dans un plan d’eau. «Les deltas sont des endroits formidables pour préserver des matières organiques et autres types de biosignatures», dit Tanja Bosak, du MIT et membre de l’équipe scientifique.

L’avantage de Mars, contrairement à la Terre, est que la croûte n’est pas constamment renouvelée par la tectonique des plaques. Sur Terre, il est extrêmement difficile de retrouver des terrains intacts depuis trois milliards d’années.

«Mars préserve à sa surface une géologie incroyablement complexe et diversifiée», a souligné Lori Glaze, cheffe des programmes d’explorations planétaires de la Nasa. Toute l’histoire de Mars reste gravée en surface.

Plus de 350 géologues, géochimistes, astrobiologistes, spécialistes de l’atmosphère et autres scientifiques, du monde entier, participent à la mission, qui durera au moins deux ans, et sans doute beaucoup plus longtemps si l’on en croit l’expérience des précédents rovers, très endurants.

Mission «à très haut risque»

«Nous sommes très mobilisés» pour cette mission «à très haut risque», a déclaré Jean-Yves Le Gall, président du Centre national d’études spatiales. «D’abord il y a le lancement, et comme tous les lancements de fusées, il y a toujours un suspense. Ensuite, il faut se mettre sur la trajectoire entre la Terre et Mars, là non plus ça n’est pas facile, il faut faire de la navigation cosmique assez compliquée», a expliqué Le Gall.

Puis à l’arrivée sur la planète rouge, à la mi-février, «il y aura ce qu’on appelle habituellement «les sept minutes de terreur», c’est-à-dire une rentrée atmosphérique, et le dépôt à la surface de Mars, grâce à une grue volante, de ce rover, de la taille d’une (voiture, NDLR) Twingo», a développé le président du Centre national des études spatiales.

(AFP/NXP)

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