23.09.2020 à 23:32

EspaceLa Nasa s’inquiète de la future station spatiale chinoise

Alors que l’ISS devrait être mise hors service d’ici 2030, le patron de l’agence spatiale américaine voudrait conserver une présence américaine en orbite terrestre pour ne pas subir la concurrence chinoise.

Le patron de la Nasa Jim Bridenstine.

Le patron de la Nasa Jim Bridenstine.

KEYSTONE

Le chef de la Nasa a confié mercredi sa crainte de voir les États-Unis «céder du territoire» à la Chine dans l’espace si aucun projet privé ne venait prendre le relais de la Station spatiale internationale (ISS), qui arrive en fin de vie, alors que Pékin prévoit sa propre station.

«Une chose m’inquiète. La Chine est en train de construire rapidement ce qu’ils appellent la Station spatiale internationale chinoise», a déclaré Jim Bridenstine, administrateur de l’agence américaine, lors d’une audition au Congrès. «Ils sont rapidement en train de la promouvoir auprès de tous nos partenaires internationaux, dans lesquels nous avons tant investi», a-t-il poursuivi. «Ce serait tragique, après tout ce temps et tant d’efforts, d’abandonner l’orbite terrestre basse et de céder ce territoire».

L’ISS, assemblée à partir de 1998 par les États-Unis et la Russie en partenariat avec le Canada, l’Europe et le Japon, devrait être mise hors service d’ici 2030. La Nasa ne veut pas la remplacer par une autre station, mais voudrait conserver une présence américaine en orbite terrestre basse (l’ISS se situe à environ 400 km d’altitude) grâce au secteur privé, dont la Nasa serait une cliente.

Stratégiquement, les États-Unis garderaient ainsi une présence, tout en consacrant la majorité des budgets spatiaux à la Lune, Mars et des explorations plus lointaines. Mais la rentabilité d’un tel projet pour des entreprises reste à prouver, et Jim Bridenstine réclame plus de crédits au Congrès pour aider à «commercialiser» l’orbite basse. Pour l’instant, les élus rechignent.

La future station chinoise, Tiangong, sera plus petite que l’ISS et devrait être lancée aux environs de 2022, selon l’agence Chine nouvelle, qui a rapporté l’an dernier que plusieurs pays désiraient s’y associer avec l’envoi d’expériences scientifiques, dont la France, l’Allemagne, le Japon, le Pérou et le Kenya.

(AFP/NXP)

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