Football - La Nati défie les pépites de l'Ouest

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FootballA l’Ouest, des pépites

L’équipe des Etats-Unis, c’est un sacré souvenir pour la Suisse. Mais c’est surtout devenu, avec les années, une future puissance du football, dont les jeunes commencent à envahir les effectifs des grands clubs européens.

par
Robin Carrel
Alexi Lalas avait marqué les esprits en 1994.

Alexi Lalas avait marqué les esprits en 1994.

AFP

L'affiche Suisse-Etats-Unis, c'est d'abord un souvenir. Celui d'un immense soulagement pour les plus anciens et du début de tout pour ceux qui le sont un peu moins. Les «vieux» n'avaient plus vu l'équipe nationale disputer une grande compétition internationale depuis l'Angleterre en 1966, alors que les «jeunes» s'y sont dorénavant trop bien habitués.

Le 18 juin 1994, de nombreux Helvètes avaient donc plein d'étoiles dans les yeux. La Suisse affrontait les USA dans le Detroit Silverdome couvert, ce qui était assez incroyable pour l'époque. Les fans ont vibré sur le coup franc magique de Bregy à la 39e, avant de déchanter un poil, quand Wynalda a égalisé, sur phase arrêtée lui aussi.

Le soccer américain était alors, encore, une curiosité. Les Etats-Unis, c'était juste le pays où Pelé, Beckenbauer ou encore Best avaient fini leur carrière en roue libre. Ils tentaient bien de (re)lancer une ligue professionnelle, mais ils faisaient régulièrement chou blanc. La culture locale n'était pas encore prête à ces longues mi-temps de 45 minutes sans pub et ces potentiels matches nuls. Ah, les tirs au but de là-bas, c'était quelque chose... Mais les femmes et les communautés latinos ont aidé à changer tout ça.

Désormais, la Major League Soccer est devenue un championnat coté, pour ne pas dire majeur. Les stades font souvent le plein, comme à Atlanta (52'510 spectateurs de moyenne en 2019), à Seattle (40'247), Cincinnati (27'336) ou encore Portland (25'218). Ce championnat attire aussi un nouveau calibre de stars. De vieillissantes à la Beckham, Lampard et Drogba, les étoiles de la MLS sont actuellement devenues des «prospects», achetés au prix fort en Amérique du Sud.

Ainsi, le championnat local a fait un bond qualitatif et la formation commence à produire de nombreux éléments qui séduisent les clubs européens, souvent allemands. Cette saison, ils ont encore été nombreux à briller sur le Vieux Continent, comme Weston Mckennie à la Juve, Sergino Dest au Barça, Gio Reyna à Dortmund, voire même Jordan Siebatcheu, qui a fait fort aux Young Boys. Le meilleur d'entre eux, Christian Pulisic, ne sera pas de la partie contre la Suisse car engagé la veille avec Chelsea en finale de la Champions League, comme le portier Zack Steffen d’ailleurs, côté Mancunien.

Les Américains prennent très au sérieux cette rencontre amicale. Elle peut leur permettre de prouver que les résultats récents en dents de scie de la sélection à la bannière étoilée sont derrière eux, premièrement. Elle doit aussi les aider à monter en puissance et en altitude, en vue de la demi-finale de la Ligue des Nations de la CONCACAF prévue vendredi prochain au Mile High Stadium de Denver, sis à quelque 1600 mètres d'altitude.

Afin de faire quelques globules rouges d'ici-là, US Soccer a décidé de faire s'entraîner ses ouailles à Crans-Montana (VS), où le terrain d'entraînement trône à 1250 mètres au-dessus du niveau de la mer. «L'organisation y a été tout simplement excellente et tout a répondu à nos exigences», s'est félicité Brian McBride, ancien joueur de Fulham, notamment, et aujourd'hui directeur général de l'équipe nationale américaine, dans un communiqué de la chic station valaisanne.

«Les installations et l'hébergement ont été exceptionnels. Avec le paysage majestueux, c'est un environnement fantastique pour notre équipe qui se prépare pour les importantes compétitions à venir. Nous serions ravis de pouvoir revenir et de découvrir tout ce que la région a à offrir», a-t-il continué. Et pourquoi pas en camp d’entraînement avant le prochain Mondial au Qatar?

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