Actualisé 10.12.2019 à 14:39

Droits humain

La Nobelisée Nadia Murad honorée à Genève

À l'occasion de la journée internationale des droits de l'homme, le premier Sommet des jeunes activistes s'est tenu mardi dans l'enceinte de l'ONU.

Elles sont jeunes et se sont levées contre le génocide, le mariage forcé et la pollution ou pour les populations autochtones. Parmi ces six activistes honorées mardi à Genève, la Prix Nobel de la paix Nadia Murad a ciblé «l'abandon» de la communauté internationale.

La Suisse interpellée

«Vous êtes un exemple pour cette génération mais aussi pour les générations à l'avenir», a dit la directrice générale de l'ONU à Genève Tatiana Valovaya, lors de ce premier Sommet des jeunes activistes. De son côté, le numéro deux de la mission suisse auprès de l'ONU à Genève, l'ambassadeur Félix Baumann, leur a demandé de «continuer d'élever leurs voix».

Il leur a promis que la Suisse poursuivra ses efforts pour qu'elles soient davantage entendues. Pour ce sommet, le Jet d'eau devait prendre des atours jaunes mardi soir. À l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme, devant 700 jeunes, les six militantes, qui devaient recevoir à Genève un prix et un soutien financier, ont mentionné leurs luttes et les obstacles auxquels elles ont été confrontées. «Que faites-vous pour changer les problèmes environnementaux et mondiaux ?» a notamment demandé aux Suisses la défenseuse brésilienne de 22 ans Hamangaí Pataxò.

Deux semaines après l'assassinat d'une de ses amies, elle accuse surtout l'État brésilien de «faire taire les voix» qui protestent contre les meurtres quotidiens d'autochtones dans son pays. Mais aussi de persécuter ceux qui, comme elle, luttent pour préserver l'Amazonie confrontée à d'importants incendies. «Lorsqu'une femme est assassinée, d'autres se lèveront», dit-elle.

Violations contre les Yézidis

Prix Nobel de la paix 2018, Nadia Murad, âgée de 26 ans, a salué la «jeunesse irakienne» qui manifeste pour la démocratie depuis plusieurs mois. Cette Yézidie, enlevée par l'État islamique (EI), a dit que les femmes de la communauté victime d'un génocide «continuent d'être victimes de viols».

Et cette minorité fait toujours face à des «obstacles» alors que le territoire irakien a été libéré, selon elle. «La communauté internationale nous a abandonnés», a-t-elle dit. Elle demande que l'EI réponde de ses actes et à des pays européens comme la Suisse d'aider son peuple à pouvoir retrouver son habitat dans la région de Sinjar.

De son côté, la Congolaise Rebecca Kabuo, âgée de 25 ans, avait 19 ans lorsqu'elle a rejoint le mouvement non violent et non partisan pour les droits de l'homme Lutte pour le changement (LUCHA). Arrêtée huit fois, elle n'a jamais cessé de lutter pour l'éducation, des logements, l'accès à l'eau et la fin des violences mais aussi contre la corruption.

Avant de contribuer à la réponse contre l'épidémie Ebola, notamment en oeuvrant pour étendre la confiance des communautés à l'égard des travailleurs humanitaires et de santé. «Depuis que la LUCHA s'est engagée, la population a compris et a accepté», a-t-elle affirmé devant la presse. Des rencontres ont été organisées.

Impact sur la législation

«Aujourd'hui, je vais bien. On a réussi à avoir de l'eau», avait affirmé la Congolaise devant les jeunes. «On a l'alternance politique», a-t-elle ajouté en mentionnant le nouveau président Félix Tshisekedi. Elle dit que son mouvement est «prêt» à rencontrer le chef de l'État.

Et Memory Banda, 23 ans, a réussi à faire changer la loi au Malawi pour interdire les mariages forcés avant 18 ans. Une action entamée après l'union contrainte de sa jeune soeur de 11 ans. «Il faut encore travailler à l'application de la loi» et inciter les dirigeants politiques à débloquer des ressources adaptées, dit la jeune activiste. Et d'appeler la communauté internationale à mettre un terme à ces mariages dans le monde.

De quoi faire dire aux jeunes Britanniques Amy et Ella Meek, 16 et 14 ans, que l'accès à l'éducation n'est jamais «acquis». Elles ont lancé une campagne pour éliminer les plastiques à usage unique. «La jeunesse peut faire la différence», disent-elles encore. Désormais, plusieurs centaines d'écoles sont associées et elles ont pu interpeller les deux derniers premiers ministres britanniques Teresa May et Boris Johnson. Un mouvement que des jeunes ont commencé à relayer en Suisse. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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