Actualisé 24.01.2011 à 11:07

NorvègeLa «Norvégienne de l'année» expulsée

Une jeune demandeuse d'asile russe, désignée «Norvégienne de l'année», a été arrêtée lundi en vue de son expulsion de Norvège, a annoncé la police.

Maria Amelie «sera expulsée vers la Russie dès que possible».

Maria Amelie «sera expulsée vers la Russie dès que possible».

Agée de 25 ans, Maria Amelie, le pseudonyme sous lequel elle a écrit un livre («Norvégienne illégale») sur son expérience, vivait en situation irrégulière en Norvège depuis que sa famille originaire d'Ossétie du Nord a été définitivement déboutée de sa demande d'asile en 2004.

«Elle a été arrêtée lundi matin quand elle s'est présentée» au commissariat, a indiqué la police norvégienne dans un communiqué. «L'arrestation s'est produite sans incident. Elle sera expulsée vers la Russie dès que possible», a-t-elle ajouté.

Madina Salamova de son vrai nom, la jeune femme avait été désignée «Norvégienne de l'année» en décembre par le magazine Ny Tid.

Intégration réussie

Le jury estimait qu'elle avait «donné un visage à ceux qui n'en ont pas» en acceptant de mettre sa situation en péril avec la parution de son ouvrage censé sensibiliser les lecteurs aux conditions des sans papiers.

Arrivée en 2002 en Norvège où elle a passé près de la moitié de son existence, Maria Amelie est considérée comme un exemple d'intégration réussie --elle a décroché un master sous une fausse identité-- même si elle était contrainte de vivre dans la clandestinité.

«La plupart des gens pensent que je suis norvégienne. Je parle norvégien, je pense norvégien et je rêve en norvégien», a-t-elle dit aux médias.

Hors-la-loi

La jeune femme a été arrêtée par la police le 12 janvier alors qu'elle venait de faire une intervention dans une école. Libérée après quelques jours, elle était depuis sous contrôle judiciaire.

Son cas a mobilisé les Norvégiens qui ont manifesté par milliers pour qu'elle puisse rester dans le pays, fait les Unes des journaux et déchiré la coalition de gauche au pouvoir.

Formation dominante du gouvernement, le parti travailliste a refusé de faire une exception, pour ne pas être accusé de faiblesse par la droite populiste.

Ses alliés de la Gauche socialiste plaidaient en revanche pour que Maria Amelie reste, faisant valoir le manque persistant de personnes hautement qualifiées dans un pays où le taux de chômage tourne autour de 3,5%.

«Il ne faut pas récompenser les personnes qui choisissent la clandestinité et qui vivent illégalement depuis longtemps dans ce pays», a tranché le Premier ministre travailliste Jens Stoltenberg la semaine dernière devant le Parlement. «Chacun est égal devant la loi», a-t-il dit.

Sous la pression de l'opinion, le gouvernement a cependant accepté d'entrouvrir la porte du territoire en annonçant qu'il allait changer la loi pour permettre aux demandeurs d'asile déboutés, une fois de retour dans leur pays, de postuler pour un permis de travail en Norvège sans avoir à subir une période de quarantaine.

(afp)

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