Procès aux Etats-Unis: La nounou tueuse a-t-elle agi par folie?
Actualisé

Procès aux Etats-UnisLa nounou tueuse a-t-elle agi par folie?

La bataille des médecins a commencé jeudi au procès de la nounou qui a tué en 2012 les deux enfants dont elle avait la garde.

Au tribunal pour le procès de la nounou tueuse à New York. (1er mars 2018)

Au tribunal pour le procès de la nounou tueuse à New York. (1er mars 2018)

Keystone

Après le témoignage accablant de la mère, une bataille de médecins a commencé jeudi dans le procès de la nounou qui a tué en 2012 les deux enfants dont elle avait la garde, dans un quartier chic new-yorkais, un drame qui résonne comme un cauchemar pour de nombreux parents.

Les deux premières semaines d'audience, menée par l'accusation, avaient exposé l'horreur de ce 25 octobre 2012, lorsque Leo et Lucia Krim, âgés de deux et six ans, avaient été tués à coups de couteau dans la salle de bains de l'appartement familial de l'Upper West Side.

Les débats ont révélé une tension sourde entre la mère, Marina Krim, une institutrice de formation énergique et aisée, et la nounou, Yoselyn Ortega, une immigrée de République dominicaine à la situation personnelle et financière difficile.

Une trentaine de coups de couteaux

La défense ne nie pas qu'Ortega ait tué Leo et Lucia. L'autopsie a montré que la fillette s'était débattue et avait reçu une trentaine de coups de couteaux. Mais les avocats de la nounou tentent de démontrer qu'Ortega, 50 ans au moment des faits, souffrait de troubles mentaux et a agi par folie.

S'ils arrivent à prouver qu'Ortega était incapable de distinguer le bien du mal, elle sera jugée non coupable, et pourrait être placée à vie en institution psychiatrique. Sinon, elle devrait écoper de la prison à perpétuité. Jeudi, l'avocate de la défense Valerie Van Leer-Greenberg a appelé à la barre un chirurgien, premier d'une série de docteurs et psychiatres censés étayer le côté troublé de l'accusée.

Quatre heures durant, le docteur Philip Barie a expliqué les blessures qu'Ortega, qui a tenté de se trancher la gorge après avoir poignardé les enfants, s'était infligées. Outre une lésion au cou, elle s'est fracturé des vertèbres cervicales en s'effondrant vraisemblablement ensuite. Ces fractures ont nécessité deux lourdes opérations et au moins 10 jours sous sédation et respiration artificielle.

Paranoïa et délire

Barie a aussi expliqué qu'en sortant de cet état comateux, quelques jours après le drame, elle avait montré des symptômes de «paranoïa», qui avaient poussé à demander son évaluation psychiatrique. Un psychiatre avait alors diagnostiqué «du délire» et recommandé un suivi.

La défense semblait ainsi vouloir retirer toute crédibilité aux déclarations faites par Ortega à des policiers à l'hôpital quelques jours après le drame. A l'un d'entre eux, elle avait notamment déclaré «être désolée pour ce que j'ai fait».

Ortega ne devrait pas témoigner pendant ce procès appelé à durer encore plusieurs semaines. Depuis l'ouverture du procès, le 1er mars, elle est restée silencieuse et sans émotion apparente, y compris lorsque la mère a témoigné avec rage, l'accusant d'incarner «le mal à l'état pur». (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion