Assurance maladie: La nouvelle carte d'assuré n'est pas prête
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Assurance maladieLa nouvelle carte d'assuré n'est pas prête

Toutes les personnes affiliées auprès d'une caisse maladie reçoivent ces jours leur nouvelle carte d'assuré.

Du format d'une carte de crédit et dotée d'une puce électronique, elle contient des informations administratives et, sur demande de l'assuré uniquement, des données médicales.

Ces informations, comme le groupe sanguin ou les éventuelles allergies, ne peuvent être enregistrées que par un médecin, un dentiste ou un chiropraticien. Or malgré ses efforts, les outils informatiques nécessaires ne sont pas encore à disposition, affirme la Fédération des médecins suisses (FMH), contactée par l'ATS.

Plus d'un tiers des médecins travaillant avec des patients, soit plus de 10'000 praticiens, ont déjà reçu une Health Professional Card (HPC), explique Judith Wagner, responsable eHealth à la FMH. Cette carte électronique leur est indispensable pour avoir accès aux données médicales sur les cartes d'assurés.

Or la carte d'assuré éditée pour la plupart des caisses maladie par Sasis SA, une société affiliée à santésuisse, a un problème de compatibilité avec la HPC, car le standard technique prescrit par l'OFSP n'est pas respecté, affirme Judith Wagner. La FMH a donc demandé à la faîtière des assureurs de prendre en charge le surcoût qu'engendre une mise à niveau.

Santésuisse estime n'avoir pas fait de faute, répond son porte- parole Felix Schneuwly, estime n'avoir pas fait de fautes: c'est à la HPC de s'adapter à la carte d'assuré et pas le contraire. «Mais nous allons discuter et trouver une solution», assure-t-il.

Autre problème relevé par la responsable à la FMH, «il n'existe pour l'instant aucun programme informatique concret dans les cabinets et les hôpitaux qui permettent de gérer les données médicales sur les cartes d'assuré». Seules des versions de démonstration sont disponibles.

Outil administratif

Du côté des autorités fédérales, on souligne que l'élément le plus important de la carte, ce n'est pas les données médicales, facultatives, mais les informations administratives liées à l'assuré, soit ses nom, prénom, date de naissance, nom d'assureur et numéro AVS. Celles-ci doivent permettre de simplifier la facturation, souligne Daniel Dauwalder, porte-parole de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Comme ces données sont également imprimées sur la carte, il n'est pas nécessaire que tous les prestataires de soins soient équipés pour les lire de manière électronique, ajoute-t-il.

Les nouvelles cartes d'assuré auraient dû être introduites en 2009, mais le Conseil fédéral a repoussé ce délai au début de cette année. Les caisses maladie sont en train de les envoyer à leurs assurés, une opération qui devrait être terminée d'ici fin avril, précise Daniel Dauwalder.

Une facture de 25 millions

L'introduction de la carte d'assuré devrait coûter environ 25 millions de francs, soit 3 francs par assuré au cours des trois prochaines années. Les investissements de départ sont à la charge des assureurs de même que les coûts récurrents annuels. Mais ils n'entrent pas en compte pour le calcul des primes, selon l'OFSP.

Les médecins devront également s'équiper à leurs frais. Quant au temps qu'ils passeront à enregistrer des données sur la carte, ils pourront l'inscrire sur leur facture selon la tarification tarmed, précise Daniel Dauwalder.

Objectif cybersanté

La carte d'assuré constitue le premier élément du projet de cybersanté voulu par le Conseil fédéral. L'objectif reste l'introduction en 2015 d'un véritable dossier électronique du patient, selon le porte-parole de l'OFSP. Des essais sont actuellement en cours dans certains cantons.

Mais jusqu'à ce que cela devienne une réalité, la FMH se montre sceptique à l'idée d'utiliser la carte d'assuré pour stocker des données médicales. Il n'y a en effet aucune garantie que les informations qui y ont été enregistrées une fois soient toujours actuelles ou complètes, explique Judith Wagner.

(ats)

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