«The Square»: La Palme d'or de Cannes équarrit le monde de l'art
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«The Square»La Palme d'or de Cannes équarrit le monde de l'art

Ambitieux jusqu'à friser le prétentieux, «The Square» n'est pas le genre de film à faire l'unanimité.

par
Catherine Magnin

En voyant Christian (l'excellent Claes Bang), on se dit que l'art et la vie sont inconciliables. Ce papa divorcé, qui roule en voiture électrique et soutient des causes humanitaires pour se donner bonne conscience, est aussi conservateur d'un musée d'art contemporain à Stockholm. Il travaille à l'installation d'une expo minimaliste et intello, un carré de quatre mètres sur quatre, «sanctuaire de confiance et de bienveillance». Le vol de son téléphone, sa liaison avec une journaliste, un buzz promotionnel qui dérape, et voilà Christian, et le milieu auquel il appartient, face à ses contradictions. Jusqu'à l'implosion.

Tout en écorchant l'hypocrisie de la société suédoise en général, et du milieu artistique en particulier, «The Square» ausculte le fossé entre bonnes intentions et réalité, soi et l'autre. Certains de ces thèmes étaient présents dans le précédent film d'Östlund (l'excellent «Snow Therapy», déjà remarqué à Cannes en 2014). Cette fois, le réalisateur s'enlise dans la mise en scène ostentatoire d'un scénario qui tourne en rond. On ne sait plus si c'est l'art ou l'homme qui est dans son viseur. Résultat: «The Square» laissera plus d'un spectateur en rade.

«The Square»

De Ruben Östlund. Avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West, Terry

Notary.

Sortie le 18 octobre 2017

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