La pandémie de Covid a transformé les habitudes de vol des passagers

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Transport aérienLa pandémie de Covid a transformé les habitudes de vol des passagers

Voler plutôt en semaine, prolonger un voyage professionnel ou payer plus pour davantage de confort: les clients ne se déplacent plus comme avant, notent des compagnies aériennes américaines.

De plus en plus de grands voyageurs qui se déplacent pour le travail décident de prolonger leur séjour de quelques jours, voire de travailler temporairement depuis une autre location.

De plus en plus de grands voyageurs qui se déplacent pour le travail décident de prolonger leur séjour de quelques jours, voire de travailler temporairement depuis une autre location.

Photo d’illustration/Pixabay

Entre le télétravail et la volonté de rattraper les périples perdus pendant la pandémie, les usagers des compagnies aériennes américaines ont pris de nouvelles habitudes, qu’il s’agisse de voler en semaine, de rallonger leur déplacement professionnel ou de payer plus pour leur confort. Grâce à la flexibilité offerte par leurs employeurs et aux nouvelles technologies comme les réunions Zoom, les travailleurs ne sont plus scotchés à leur bureau. Résultat: au lieu de revenir de leurs séjours le dimanche soir ou le lundi matin, les usagers n’hésitent plus à prendre un vol le mardi, ou à partir dès le jeudi en week-end, ont rapporté American, United et Delta à l’occasion de leurs résultats trimestriels.

Sur les trajets entre New York et l’Europe par exemple, «on coupait habituellement les vols le mardi et le mercredi», a indiqué Andrew Nocella, directeur commercial chez United. «Cet hiver, on a un plus grand pourcentage de lignes qui opèrent tous les jours de la semaine.» Dans la même veine, la demande s’est étalée au-delà des vacances scolaires. Delta a ainsi observé une recrudescence des voyages en Floride en septembre, un mois habituellement creux. Certains «ne pouvaient même plus s’acheter de billets pour Disneyland», a remarqué Glen Hauenstein, responsable au sein de la compagnie. De son côté, United a enregistré en septembre, le troisième meilleur mois de son histoire.

Allier travail et plaisir

Les compagnies s’attendent à ce que cette tendance se poursuive, au moins à court terme, avec par exemple un trafic plus élevé qu’habituellement entre le long week-end férié de Thanksgiving, fin novembre, et les vacances de Noël. Cette tendance leur facilite le travail. «On ajuste normalement notre besoin en pilotes pour la période allant du 15 juin au 15 août», a remarqué Andrew Nocella. «Si on peut étaler cette période, cela nous rend plus bien efficaces.»

Les déplacements professionnels traditionnels, réservés via les entreprises, ne sont pour leur part pas complètement revenus à leur niveau d’avant la pandémie. «De nombreux grands voyageurs ont réévalué cet aspect de leur vie et ne veulent plus être des forcenés de la route», remarque Henry Harteveldt, du cabinet Atmosphere Research Group. En revanche, de plus en plus décident de prolonger un déplacement de quelques jours, voire de travailler temporairement depuis une autre location.

Une aubaine pour les transporteurs aériens

Chez American, 45% du chiffre d’affaires vient désormais de cette catégorie de voyageurs mêlant travail et plaisir, contre 30% pour les touristes et 25% pour les purs voyages d’affaires. Cette évolution semble être une aubaine pour les compagnies: ces voyageurs sont plus enclins à s’abonner aux programmes de fidélité ou à réserver leur billet directement sur le site de la compagnie, a souligné Robert Isom, le patron d’American Airlines.

Les compagnies ont enfin profité de la volonté de certains voyageurs de débourser un peu plus pour un vol amélioré. «Ils paient pour du confort, de meilleurs services, pour réduire le stress et les tracas, ils paient pour les sièges avec plus d’espace pour les jambes, en premium economy, voire pour ceux qui en ont les moyens, en classe affaires», remarque Henry Harteveldt. Il est encore «difficile de spéculer» sur la persistance de cette dernière tendance, notamment avec le ralentissement économique, avance toutefois Chris Raite, de la société d’investissement Third Bridge.

(AFP)

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