Publié

SuisseLa parahôtellerie, victime des incertitudes du Covid-19

Les annonces régulières du Conseil fédéral et les incertitudes en découlant ont un impact aussi sur la parahôtellerie et les réservations.

Un dortoir photographié dans une auberge de jeunesse, à Genève.

Un dortoir photographié dans une auberge de jeunesse, à Genève.

Keystone

L’industrie parahôtelière helvétique ressent les effets des incertitudes liées aux mesures prises pour endiguer la deuxième vague de coronavirus. Les réservations pour la saison d’hiver sont souffreteuses, ont confié à AWP les responsables de la communauté d’intérêts IG Parahotellerie. Le Conseil fédéral a en outre annoncé mardi qu’il envisage de nouvelles restrictions en raison de la détérioration de la situation sanitaire.

Cela ne facilite pas la décision de réserver pour les clients, explique Janine Bunte, directrice de la faîtière des auberges de jeunesse suisses et présidente de IG Parahotellerie.

Le suivi est difficile

De nombreux hôtes souhaitent savoir ce qui peut être fait dans les destinations et ce qui est ouvert, mais au vu de la disparité des réglementations cantonales, le suivi est difficile, poursuit Mme Bunte. Avec pour conséquence des réservations effectuées dans des délais extrêmement courts. «Vous ne savez pas deux jours à l’avance combien d’hôtes vous aurez», signale-t-elle, soulignant les difficultés liées à l’approvisionnement.

Dans les auberges de jeunesse, la situation des réservations après le plongeon printanier occasionné par l’éclatement de la crise sanitaire est «intacte» pour le mois de décembre, a affirmé la présidente de la faîtière. Le mois de janvier s’annonce en revanche problématique, dans la mesure où les traditionnels camps scolaires n’auront pas lieu. Sur l’ensemble de la saison d’hiver, les réservations accusent un retard de 25% par rapport à l’année précédente.

Flou complet

La situation est également critique pour les exploitants de chambres d’hôte. «On est dans le flou complet, tous les clients attendent de savoir ce qu’il en est», déplore Dorette Provoost, directrice de Bed and Breakfast Switzerland (BnB).

Les réservations de novembre à avril ont certes chuté d’un quart en comparaison annuelle, mais celles effectuées par la clientèle helvétique ont bondi de 60% pour le mois de décembre, signale pour sa part Roger Müller, directeur du loueur d’appartements et de maisons de vacances Interhome. Pour les vacances de février, la demande se fait encore atteindre, mais le dirigeant se veut optimiste, car «la neige est là».

Les réservations de l’étranger ont repris, mais à un niveau peu élevé, a poursuivi M. Müller, déplorant les restrictions de voyage décrétées par le gouvernement allemand. La clientèle de l’extérieur ne représente cependant en temps normal que quelque 10% de l’activité hivernale.

Dans le rouge

De son côté, l’exploitant de villages et d’appartements de vacances Reka a enregistré des réservations en légère hausse, a indiqué son patron Roger Seifritz. Il signale cependant que cette légère avance a fondu ces dernières semaines en raison des incertitudes croissantes.

L’organisation s’attend à un recul de seulement 5% de son chiffre d’affaires annuel mais devrait boucler l’exercice dans le rouge, avec une perte de moins de 5 millions de francs. Le retour à la rentabilité est possible dès l’année prochaine, pour autant qu’on n’assiste pas à un nouveau verrouillage entre mi-janvier et mi-mars, a prévenu le dirigeant. Son homologue d’Interhome se veut également confiant: «nous nous attendons à renouer en 2021 le niveau d’avant la crise».

Le Touring Club Suisse (TCS) s’attend également à des affaires florissantes pour ses campings l’an prochain, après l’engouement sans précédent de l’été dernier, qui se traduit par un nombre record de nuitées, malgré la fermeture forcée d’avril et mai. Selon Olivier Grützner, responsable du segment Tourisme du TCS, les campings ont été l’un des rares acteurs du secteur touristique à tirer leur épingle du jeu.

(ATS/NXP)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!