France: La patronne du FMI devant la Cour de justice
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FranceLa patronne du FMI devant la Cour de justice

La directrice du FMI, l'ancienne ministre française Christine Lagarde, était entendue mercredi à Paris devant la Cour de justice de la République (CJR) dans l'enquête sur l'arbitrage controversé de l'homme d'affaires Bernard Tapie.

Christine Lagarde a été entendue par la justice, mercredi.

Christine Lagarde a été entendue par la justice, mercredi.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a affirmé mercredi soir avoir «toujours agi dans l'intérêt de l'Etat (français) et conformément à la loi» dans le dossier de l'arbitrage controversé de l'homme d'affaires Bernard Tapie.

Placée en mai sous le statut de témoin assisté par la Cour de justice de la République (CJR), l'ex-ministre française de l'Economie s'exprimait à l'issue d'une confrontation devant les magistrats de cette instance avec son ex-directeur de cabinet Stéphane Richard.

Cela «m'a permis de confirmer mes déclarations précédentes dans un climat serein et courtois», a dit à la presse Mme Lagarde à l'issue de cette confrontation qui, selon elle, «démontre que j'ai toujours agi dans l'intérêt de l'Etat et conformément à la loi».

«Elle gouvernait, il exécutait», expliquait-on dans l'entourage de Stéphane Richard, actuel patron de l'opérateur de télécoms Orange après le face-à-face. Selon cette source, «Christine Lagarde a reconnu avoir pris les décisions» conduisant à l'arbitrage mettant fin au litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas, et «que Stéphane Richard les a loyalement mises en oeuvre».

Dans le volet non ministériel du dossier, Stéphane Richard a été mis en examen par les juges qui le soupçonnent notamment de ne pas avoir suffisamment informé sa ministre.

«Face à ses contradictions»

La patronne du Fonds monétaire international était confrontée à son ancien directeur de cabinet au ministère de l'Economie, Stéphane Richard, aujourd'hui patron de l'opérateur de télécoms Orange, qui entendait, selon son entourage, la placer «face à ses contradictions» dans cette affaire.

Il s'agit de la troisième visite de l'ex-ministre française de l'Économie à la CJR, habilitée à enquêter et à juger les faits commis par des ministres dans l'exercice de leur fonction.

Soutien du FMI

En mai, la CJR avait placé Christine Lagarde sous le statut de témoin assisté, lui épargnant une mise en examen qui l'aurait sans doute forcée à quitter le FMI. Depuis, l'institution internationale a toujours assuré Christine Lagarde de son soutien.

Une différence de traitement qui agace son ancien collaborateur, l'un des cinq mis en examen pour escroquerie en bande organisée dans le volet non ministériel du dossier. Les juges le soupçonnent notamment d'avoir dissimulé «des éléments essentiels du dossier» à sa ministre.

Christine Lagarde a pu le laisser entendre mais Stéphane Richard le réfute, se présentant comme un exécutant quand sa ministre aurait «pris toutes les décisions nécessaires» sans «qu'il y ait eu défaut d'information» de sa part.

Pourquoi l'arbitrage

La commission d'instruction de la CJR entend comprendre le rôle qu'a pu jouer Mme Lagarde dans le choix pris à l'automne 2007 de préférer à la justice de droit commun l'arbitrage, c'est-à-dire une justice privée, pour clore le long litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas.

Ce tribunal composé de trois arbitres avait octroyé quelque 400 millions d'euros à Bernard Tapie, dont 45 millions d'euros au titre du préjudice moral.

Les juges cherchent à déterminer si cette sentence est le fruit d'un «simulacre» d'arbitrage organisé avec l'aval du pouvoir. Autre interrogation: la décision en 2008 de Christine Lagarde de ne pas intenter de recours contre cette décision.

La «griffe»

Au coeur de la confrontation de mercredi, l'usage de la «griffe», cette signature pré-imprimée utilisée en l'absence de la ministre. Elle semble avoir été utilisée sur une lettre du 23 octobre 2007 que les enquêteurs pensent cruciale dans la décision d'aller à l'arbitrage.

Un courrier qui est l'une des seules instructions écrites de la ministre figurant au dossier. Christine Lagarde a confirmé aux juges qu'il avait été signé en son absence et assuré qu'elle n'avait pas eu connaissance de son contenu.

Mais en 2008, devant les parlementaires, elle avait confirmé «avoir donné des instructions» pour soutenir «la décision» d'aller à l'arbitrage et avait assumé «la responsabilité des instructions écrites» en ce sens. (ats/afp)

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