Culture : La peau sert de musée à ces œuvres d'art
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Culture La peau sert de musée à ces œuvres d'art

Des artistes contemporains de renom créent des bijoux en or ou en platine et les exposent, à l'instar de grands maîtres du XXe siècle.

par
Emmanuel Coissy
Le bracelet "Rebar in Gold" est en or 24 carats. Il existe en plusieurs longueurs: 60 cm et 20 cm.

Le bracelet "Rebar in Gold" est en or 24 carats. Il existe en plusieurs longueurs: 60 cm et 20 cm.

Ai Weiwei est l'un des plasticiens les plus médiatiques de notre époque. Les œuvres du dissident chinois sont présentes dans les plus importantes collections du monde et atteignent des millions lors des ventes aux en­chères. A 58 ans, l'artiste s'est lancé dans la bijouterie. Depuis ­jeudi passé, ses pièces sont exposées à Londres, à la galerie Elisabetta Cipriani (à voir jusqu'au 16 janvier). Le bijou, en diverses tailles, est une fine armature, comme celle qui structure un bloc de béton. Sauf qu'il est en or et peut s'entortiller autour du poignet.

Une émotion unique

A sa vue, on ne peut réfréner une question: œuvre d'art ou produit dérivé? Ai Weiwei a récemment déclaré au «New York Times» qu'il a toujours aimé la bijouterie parce que «son histoire et son esthétique sont des témoins du passé». Elisabetta Cipriani est plus caté­gorique. Elle dit s'être spécialisée dans «l'art à porter» et représente une des pointures du circuit contemporain. Sa démarche est analogue à celle de Diane Venet. La collectionneuse française ne vibre que pour les broches dessinées par Dalí ou Braque et autres pendentifs de César: «Pour moi, ils recèlent une émotion qu'un bijou de joaillerie ne peut m'offrir.» Elle est l'instigatrice d'une exposition itinérante, «From Picasso to Koons: the Artist as Jeweler», qui mêle créations des XXe et XXIe siècles. L'événement vient de s'achever à Venise. Pour l'admirer, il faudra patienter jusqu'en 2017 et se rendre à Paris

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