Lausanne: La pédiatrie du CHUV souffre d’une pénurie de médecins

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LausanneLa pédiatrie du CHUV souffre d’une pénurie de médecins

Des spécialistes sont appelés en renfort aux urgences pédiatriques et dans les étages d’hospitalisation. Un retour progressif à la normale est attendu d’ici à l’automne. 

Les urgences et les étages d’hospitalisations du Service de pédiatrie du CHUV bénéficieront de renforts venus des services pédiatriques spécialisés.

Les urgences et les étages d’hospitalisations du Service de pédiatrie du CHUV bénéficieront de renforts venus des services pédiatriques spécialisés.

Archives / 24 heures/Patrick Martin

Alors qu’il est difficile de recruter de nouveaux médecins dans un secteur qui souffre de pénurie, le Service de pédiatrie du CHUV, à Lausanne, fait face à plusieurs départs liés à la retraite, à des absences dues au Covid, ainsi qu’à des congés maternité ou maladie. Celui-ci est désormais contraint de se réorganiser temporairement, a annoncé mardi le centre hospitalier universitaire vaudois dans un communiqué. 

Renforts de l’interne

Les premières difficultés à repourvoir des postes sont apparues l’automne dernier et se sont intensifiées récemment, mais la tendance pénurique en pédiatrie se fait sentir depuis de nombreux mois. Pour y remédier, 17 chefs de clinique sur 45 et 14 médecins-cadres sur 35  issus des différentes spécialisations pédiatriques du CHUV apporteront à tour de rôle un appui à leurs confrères afin d’assurer le fonctionnement des urgences, ainsi que la supervision de toutes les hospitalisations 24 heures sur 24. Ces renforts permettront de garantir la prise en charge optimale des petits patients.

Mais cet appui aura évidemment des conséquences sur le fonctionnement des services spécialisés de pédiatrie, où certains rendez-vous ambulatoires seront espacés dans le temps. «Le mécanisme correspond un peu à ce que nous avons été contraints de mettre en place à cause du Covid: ce sont les consultations non-urgentes, comme des rendez-vous de contrôle ou de suivi, qui seront quelque peu reportées. Mais les parents ne doivent avoir aucune crainte: cette mesure permet de garantir la bonne prise en charge de tous les enfants du canton qui en ont besoin de façon sécurisée. C’est justement pour ça que nous avons mis en place cette réorganisation temporaire», explique Philippe Eckert, directeur général du CHUV.

La situation devrait connaître un retour progressif à la normale d’ici à l’automne, grâce à l’engagement de plusieurs médecins qui seront opérationnels dès le mois de juin. À noter qu’un nouveau chef du Service de pédiatrie entrera en fonction en août, l’actuel titulaire ayant fait valoir ses droits à la retraite. 

Recruter, oui mais où?

La réorganisation annoncée mardi, déjà mise en place, a été bien accueillie et le personnel infirmier est soulagé de la solution trouvée, indique Philippe Eckert. Qui précise que pour tenter de répartir au mieux la charge de travail, les chirurgiens pédiatres ont aussi été mis à contribution: ils interviennent plus tôt dans le processus, notamment pour les cas de traumatologie.

Philippe Eckert ne s’en cache pas, il a aussi cherché des renforts auprès des établissements des cantons voisins, mais sa quête n’a rien donné. «Nous sommes allés chercher partout, y compris en France et au Canada. Mais, visiblement, cette discipline est dans une phase de pénurie. Impossible à dire aujourd’hui si cette tendance va se poursuivre ou si elle se sera inversée par exemple dans un an. Dans ce contexte, nous avons eu beaucoup de chance, nous avons pu recruter des médecins qui commenceront en juin.»

À noter que les HUG, à Genève, sont aussi confrontés à une surcharge en pédiatrie: ils ont lancé un appel aux parents, au début du mois, pour tenter de soulager le service d’urgences pédiatriques.

(lvb/jfz)

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