24.09.2020 à 15:36

SuisseLa pénurie de médecins de famille? Ce sera mieux en 2040

Même si le nombre de diplômés en médecine progresse, l’effectif des médecins de famille en Suisse devrait diminuer encore de 16% d’ici 2030.

Les médecins de famille manquent, en Suisse.

Les médecins de famille manquent, en Suisse.

Keystone

La Suisse manquera encore de 1000 médecins d’ici 2030 et la situation ne devrait pas s’améliorer avant 2040, selon une étude diffusée jeudi. Une lueur d’espoir pourrait venir de l’augmentation des places de formation en médecine humaine.

Autre signe encourageant: la proportion de généralistes de moins de 50 ans est passée de 25% à 34% depuis 2010, relève l’association Médecins de famille et de l’enfance Suisse (mfe) jeudi dans un communiqué. Ces chiffres proviennent d’une étude menée tous les cinq ans par le Centre universitaire de médecine de premier recours des deux Bâle.

«Environ 56% des médecins de famille exerçant aujourd’hui cesseront leur activité pour des raisons liées à l’âge dans les dix prochaines années», soulignent toutefois les chercheurs mandatés par mfe. Aujourd’hui, 15% des généralistes et 5% des pédiatres en activité ont plus de 65 ans.

Diminution de 16% d’ici 2030

En 2019, il y a eu 1089 diplômés en médecine humaine. Une augmentation de 20% par an de ce chiffre est jugée réaliste par l’étude. Mais, problème: même si le nombre de diplômés suit une telle courbe, l’effectif des médecins de famille en Suisse diminuerait encore de 16% d’ici 2030.

«Il faudrait donc ces dix prochaines années environ 1000 médecins supplémentaires pour compenser la pénurie», avancent les scientifiques. Une amélioration semble néanmoins probable pour 2040, ajoutent-ils.

Jeudi, l’association mfe apportait son soutien à la motion «Il faut former plus de médecins en Suisse!» de la conseillère aux États et médecin de famille Marina Carobbio (PS/TI). Déposé en mai, ce texte a été adopté par le Conseil des États le même jour. Mais, selon mfe, il faut «aussi et surtout davantage de médecins de famille et de l’enfance» pour maintenir des soins de bases de qualité.

Davantage de temps partiels

L’organisation rappelle en outre que les généralistes et les pédiatres sont à la base du second volet de mesures du Conseil fédéral pour freiner la hausse des coûts de la santé, actuellement en consultation.

Les médecins de famille «doivent être le premier point de contact en cas de questions relatives à la santé». Ces derniers peuvent «résoudre définitivement 94,3% de tous les problèmes de santé et n’occasionnent que 7,9% des coûts de la santé», développe mfe, citant une étude de 2016. Ainsi, il est important «de continuer à investir dans la promotion de la relève et l’attractivité de la profession».

A ce propos, mfe met en lumière d’autres résultats de l’étude universitaire bâloise: en 2020, une grande majorité des médecins de famille exercent à moins de 100% et leurs heures de travail hebdomadaires ont en moyenne baissé de plus de six heures depuis 2005.

(ATS/NXP)

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